Chapitre VIII
Conclusion

Par sa longue durée, par la taille de la région des opérations, par les résultats obtenus, la bataille de Pleime est devenu l'engagement le plus grand en 1965, une année de combat mortel dans les Hauts Plateaux.

Pour l'ennemi, ce fut le dernier effort à la fin de la saison de pluie et aussi un cas d'expérimentation pour paver le chemin pour une entreprise ultime en 1966. Mais pour nous, il a offert une opportunité pour confirmer le progrès que nous avons fait en dépit des conditions météorologiques défavorables et pour consolider notre conviction dans un futur meilleur.

Par conséquent l'importance de la bataille de Pleime ne peut être évaluée à travers des statistiques des résultats, bien que Pleime soit la bataille la plus grande et féroce et ait infligé l'ennemi des plus grandes pertes depuis 1951.

Pour apprécier la signification entière de la bataille de Pleime, contenons notre extase dans une telle victoire et recueillons nous un moment pour réfléchir sur les conséquences si, par malchance, Pleime ait été un succès pour le VC. Autrement dit, si le feu antiaérien ennemi positionné autour de la colline de Chu Ho avait battu beaucoup d'hélicoptères et avions, si toutes les troupes et leur dépendant vivant dans le Camp de Pleime avaient été massacrés, alors la colonne de secours aurait-elle encore le motif et l'ardeur de se précipiter - comme ils l'ont le long de l'axe Phu My-Pleime - et la chance d'engager avec tant d'unités majeures VC?

L'exploitation et la poursuite triomphales par la 1st Air Cavalry Division pendant la seconde phase peut être en partie attribuées à l'impulsion donnée par cette réussite initiale. C'est aussi la raison principale pourquoi une unité majeure qui vient d'arriver au Vietnam a accepté sans hésitation le défit de la part d'une unité ennemie chevronnée.

Si la bataille de Pleime a échoué dès le commencement - dans la défense du Camp - l'ennemi aurait réussi à propager la panique parmi la population selon leur vantardise dans l'attaque du Chef-lieu de Le Thanh en mai 1965. La perte de Pleime signifierait aussi l'abandon de Pleiku, l'isolation de Kontum, et l'interdiction permanente de la Route Nationale 19.

Seize ans auparavant, dans le Nord Vietnam, les Communistes ont réussi à établir leur contrôle de la Route Nationale 4 et à saisir l'entier cordon de collines nord de Vinh Yen; Ils ont menacé de célébrer la fête du Têt de 1951 pour leurs troupes à Hanoi. La même catastrophe aurait eu lieu dans les Hauts Plateaux l'année dernière si le VC avait envahi Pleime.

Ce n'est pas tout. Car une défaite amie à Pleime amènerait inéluctablement à un massacre de peule du pays bas vivant dans Les Hauts Plateaux par les insurgés Fulro. Car une victoire VC aurait empêché les troubles et démonstrations qui étaient fomentés par des opportunistes, parce que sous un régime communiste, il n'y aurait pas de religions, ni de libertés.

Mais heureusement, les troupes galants dans les Hauts Plateaux, soutenues de près par des hélicoptères armés et des avions de chasse n'ont pas refusé aucune sacrifice dans la première phase, ont réussi à jeter la confusion dans l'estimation de l'ennemi et les ont surpris par leur ardeur et ténacité.

Jusqu'ici le VC a toujours réussi de rallier et d'assembler leur troupes après l'action. Cette fois, après la levée du siège de Pleime par les forces amies, ils font face à une poursuite de 22 jours et ont dû se désintégrer pour échapper. Leur morale qui s'est baissé significativement est davantage affectée par le fait que beaucoup de blessés ont été laissés derrière ou abandonnés pendant le retrait. Ceci explique pourquoi le nombre de victimes ennemies et déserteurs ont augmenté dans Phases II et III. Dans les derniers dix jours, ils n'ont presque plus de nourritures et les engagements pourraient être comparés à des parties fascinantes "tirs aux perdrix".

Objectivement parlant, Pleime ne représente aucune valeur stratégique. Mais il a été sélectionné comme un objectif principal parce que l'ennemi essaie toujours à marier les tactiques et la propagande, pour ajuster les activités de combat avec la guerre psychologique. Ils comptent nous surprendre parce qu'ils sont convaincus que les opérations à An Lao et Kim Son, Nord de Binh Dinh ont attaché 6 bataillons de la Réserve Générale ARVN, 4 bataillons de la 22è Division d'Infanterie ARVN et trois compagnies d'hélicoptères américaines au littoral. Mais nos promptes manœuvres ont reversé la direction telle qu'ils deviennent surpris à leur tour et perdent l'initiative.(*)

Nous avons appris par expérience que rien n'est plus précieux que de pouvoir gagner davantage une minute en tenant le coup et en retardant l'ennemi dans un avant-poste lointain.

La deuxième leçon de la bataille de Pleime est que le VC n'est pas les maîtres exclusifs de la jungle et des montagnes. Car avec les équipement de génie modernes et les tactiques révolutionnaires, les hélicoptères peuvent toucher sol n'importe où et les zones de débarquement construites à n'importe quel lieu, que ce soit aux sommets des collines ou au cœur des jungles denses. C'est pour cette raison que le VC a totalement échoué dans leur estimation au sujet de la possibilité des zones de débarquement.

Nous avons aussi appris que dans les batailles précédentes de Duc Co, le VC essaie toujours de prendre d'avantage de la nuit pour donner l'assaut aux unités blindées. Cette fois à Pleime, ils ont employé les mêmes tactiques, offrant aux unités blindées encore une fois l'opportunité d'accomplir des exploits, et améliorer la fierté du 3è Escadron Blindé We also learned that in the previous battle of Duc Co, the VC always tried to take advantage of darkness to assault armored units. This time at Pleime, they had used the same tactics, offered to armored units one more opportunity to achieve exploits, and enhanced the pride of the 3rd Armored Squadron (stationé à Pleiku), l'unité blindée la plus vieille dans l'ARVN qui a pris part dans la lutte féroce à Ninh Binh, Nam Dinh, Vinh Yen dans le Nord Viet Nam, avant le cessez du feu en 1954.

Le terrain à Pleime est couvert par de denses végétations mais le sol est dur, de petits ruisseaux rares et les cavaliers blindés peuvent confortablement sentir à l'aise chez soi.

Dans la plupart des cas, la protection de l'infanterie requiert de garantir la sécurité des colonnes blindées. La bataille de Pleime, au contraire, est un cas typique dans lequel les éléments d'infanterie limitent considérablement la mobilité et les capacités des tourelles des chars. Pour cette raison, les commandants des compagnies blindées devraient dans le futur ne pas se cramponner aux deux principes et fallaient mieux s'exposer audacieusement au lieu de limiter leur mobilité avec la protection de près de l'infanterie. Ceci procurerait non seulement la liberté d'action mais aussi les arguments de défendre soi-même en cas d'être surpris.

Le dommage souffert par les forces amies sur Colline 210 la nuit du 23 octobre n'est pas dû au talent de l'ennemi comme "cibles aisées" mais du fait que les commandants de compagnie et de peloton ont donné à leur troupes trop de liberté dans le soin d'eux-mêmes. Si leur repas ont été préparé collectivement, ils auraient eu davantage d'hommes et plus de temps pour creuser les tranchées de combat pour la protection des troupes et aussi d'établir des travaux défensifs pour l'unité entière.

Dans phase III, les opérations ont été conduites à travers une coopération intime entre les forces ARVN et US: ce fut le plus moderne procédure qui soit mis en application depuis la seconde Guerre Mondiale. Il est caractérisé par:

- Renseignement et activités de soutien communs.

- Concept des opérations et résultats partagés en commun.

- Régions d'Opérations Tactiques séparées.

- Commandements séparés.

- Déploiement des forces séparés.

- Conduite des activités séparées.

- Réserves séparés.

Cette procédure a produit des bons résultats, en particulier dans un pays comme le nôtre où la psychologie du peuple est chargé de complexités et subtilités. Je trouve aussi que cette procédure constitue une vrai esprit compétitif entre les deux forces armées et entre les unités.

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A présent, le monde connaît Pleime mieux que les Hauts Plateaux ou Pleiku. A traves les sacrifices d'environ 500 soldats héroïques des Forces ARVN et Alliés à Pleime, un nouveau concept et politique pour les Hauts Plateaux ont trouvé leur expression.

L'ennemi n'oublierait jamais leur désastre à Pleime. Un jour, ils prendraient leur revanche, et reviendraient autour de Pleime en sorte qu'ils puissent racheter leur "honneur". En vertu de ses positions, Pleime rappelle toujours Chu Pong, la frontière cambodgienne et le Cambodge même avec ses approvisionnements de riz, médicaments et aussi de perfidie.

L'infiltration récente de nouvelles unités du Nord Vietnam telles que 88è, 24è, 66è Régiments, les 321è et 308è Divisions continuent à maintenir la pression ennemie sur les Hauts Plateaux. Mais en même temps il révèle le dilemme que Giap et son clique confrontent en ce moment. Leur plan d'employer le Cambodge comme un sanctuaire pour leur agression pourrait précipiter ce pays dans le désastre, parce que personne ne tolèrerait l'arrogance bête du prince capricieux qui trahit le Monde Libre et tourne son pays en un satellite communiste.

Le Terrain d'Aviation de Bu Kheo, ouest de la Route Nationale 19 de l'autre côté de la frontière, a un important rôle dans la bataille de Pleime. Des cadres hauts placés VC débarquent là, sur leur chemin du Nord Vietnam au Front de Bataille. En permettant aux Communistes d'employer Bu Kheo; le Cambodge qui prétend jusqu'ici être "neutraliste" s'est démasqué lui-même.

Les routes d'infiltration qui préoccupe le Général français Delange ne présenteraient aucun danger si le Cambodge ferme les yeux sur la machination que les Communistes effectuent dans son territoire. Sans le riz cambodgien, sans la présence des conseillers chinois rouges à Pnom Penh, sans les communication entre Hanoi et la capitale khmer, l'infiltration des unités VCd du Nord Vietnam ne prendrait pas place et développerait pas.

Le nom "Pleime", prononcé "Play me" par les étrangers est devenu facilement familier aux historiens et correspondants étrangers. En fait, le VC a employé leur truc et déployé toutes leurs capacités dans leur jeu à Pleime l'année dernière. Est-ce pour cette raison que la "campagne du Printemps" en 1966 n'est pas survenue dans les Hauts Plateaux?


(*) Extrait du mémorandum signé par Colonel Daniel B. Williams, A/DSA II Corps MACV envoyé au Commandant Général du 2è Corps le 25 octobre 1965: A 1500 heurs le 24 octobre le Général Westmoreland appelle et demande une présentation sur la situation, … Il conclue la conversation en demandant que ses félicitations personnelles soient passées au Général Vinh Loc sur sa façon de conduire ses troupes pour faire face aux différentes situations d'émergence."

Pleiku, la Saison de Pluie 1966

Général de Division Vinh Loc
Colonel Hieu, Chef d'Etat Major du 2è Corps d'Armée
(Why Pleime - Avril 1966)

generalhieu.com