Chapitre VII
La Frustration des VC

Le Front de Bataille VC et ses trois régiments battus et déchirés se retirent finalement en défaite, laissant des milliers de morts à Pleime, dans les montagnes de Chu Pong et dans la vallée de Ia Drang (Tableau I). Des trois régiments, le 33è est le plus mal-chanceux (Tableau II) et souffre l'échec le plus amère: son infiltration du Nord Viet Nam (date de départ entre le 22 et 25 juillet 1965) s'est tout juste achevée vers le 2 octobre! Le 66è Régiment s'est ensanglanté le 3 novembre dans une embuscade alors qu'il vient d'arriver dans le pays il y a juste deux jours. Le 32è Régiment avec neuf mois de combat dans les Hauts Plateaux à son crédit est aussi incapable d'éviter des coups mortels en dépit de son effort fugitif à travers la poursuite immédiate, prolongée et sans répit de la 1st Air Cavalry Division dans la seconde phase.

Pour la première fois depuis Dien Bien Phu, les troupes communistes n'ont pas réussi à vanter leur "invincibilité" et subissent une défaite décisive à terre. Pour la première fois le fanatisme de leurs troupes est brisé par une détérioration générale de leur morale. Un prisonnier du 8è Bataillon, 66è Régiment (le dernier à infiltrer) rapporte après l'engagement avec le 2/7Air Cavalry Battalion (le 17 novembre) que son unité a souffert 30 tués, 50 blessés et plus important encore, 50 déserteurs. D'autres prisonniers du 32è Régiment vers fin novembre confessent qu'ils pensent que leur guerre est perdue. Les cadres du 33è Régiment, frustrés par la précision des frappes aériennes amies tiennent une conférence dans l'effort de découvrir ce qui a permis de telles frappes aériennes répétées si correctes: il est conclu que seulement des espions parmi les rangs puissent fournir aux forces amies la location et les mouvements des éléments du régiment.

Des VC qui se sont rendus ou capturés alors que les opérations se déroulaient, les causes majeures d'écœurement semblent être:

- Désillusionnement des promesses non tenues et futur sinistre de la cause VC.

- Manque de médicaments et soins médicales.

- Maladies continuelles.

- Manque de nourriture, en particulier riz et sel.

- Terrorisés par les raids des bombardiers B52 qui ont couvert chaque 20 kilomètres carrées et ont détruit toutes les tranchées normales.

A cause de ce cauchemar, les morts jonchés le long des pistes et ruisseaux de Pleime à Ia Drang sont néanmoins les plus "fortunés".Ceux qui survivent continuent à être obsédés par le désespoir et le pessimisme.

La bataille de Pleime a écrasé le potentiel matériel de l'ennemi mais le résultat le plus important obtenu est la destruction de leur espoir de gagner et leur volonté de combattre. The battle of Pleime has crushed the material potential of the enemy but the most important result gathered is the destruction of their hope to win and their will to fight.

Général de Division Vinh Loc
Colonel Hieu, Chef d'Etat Major du 2è Corps d'Armée
(Why Pleime - Avril 1966)

generalhieu.com