Histoire de mon Frère, le Général Hieu

7è Chapitre
22è Division d’Infanterie

Le 28 juin 1965, mon frère est nommé Commandant de la 22è Division d’Infanterie et demeure à ce poste pour un peu plus de trois ans.

Le Colonel Le Khac Ly raconte:

À ma sortie de l'US Army College of Command and General Staff, je me suis présenté au QG du 2ème CA à Pleiku. De l'anti-chambre, je vois le Colonel Hieu sortir du bureau du Général Vinh Loc. Il me serre la main et dit: "Le Général peut vous voir maintenant." En serrant la main de Vinh Loc, celui-ci laisse échapper une crie de douleur, non pas parce que je l’ai serré trop fort, mais parce qu'il souffre d'une maladie chronique rendant sa main fragile et très sensible au moindre contact. Il m'informe qu'il vient de nommer le Colonel Hieu comme commandant de la 22ème DI et que ce dernier a expressément demandé que je sois son Chef d'état-major.


Lê Khắc Lý

Le Général Hieu vivait comme un acétique, ce qui m'a fait croire qu'il était un moine défroqué. Laissez-moi vous donnez un exemple: il prenait les repas toujours avec nous au mess et j'avais l'habitude de m'asseoir à côté de lui. Un jour, j'ai été choqué à la vue d'une mouche morte flottant dans son bol de potage. Je paniquai car étant chef d'EM, j'étais aussi responsable de la cuisine. Ce qui se passa ensuite fut ahurissant, Hieu retira calmement la mouche à l’aide de ses baguettes, la déposa à côté de son bol et continua à consommer le contenu comme si rien ne s'était produit, sans émettre aucun plaint, aucune reproche.

Dans la même sphère de pensées, je ne l'ai jamais vu réprimander ses domestiques. Si par malheur, ses enfants tombaient par terre et se blessaient aux genoux ou à la tête, à cause de leur négligence, il se hâtait de prendre l'enfant blessé dans ses bras et s'en occupait de les soigner sans mot dire, même dans le cas d'un de ses fils qui se blessa à la hanche et qui boita le reste de sa vie.

Le Général Hieu était incorruptible. J'ai une fois dit aux journalistes que la plupart des officiers de haut rang n’avaient que l’apparence d’intégrité. Je les ai fourni des preuves irréfutables, et comme résultat, ils ont ajouté le nom de Hieu en cinquième position, parmi le quarteron de Généraux honnêtes (Thang, Thanh, Chinh, Truong).

Contrairement à un bon nombre de Généraux qui veulent que les gens les voient agir en parfaite honnêteté, le Général Hieu l’a toujours agi en toute humilité. Voici un aperçu: Un beau jour, le Lieutenant Hien, responsable de la compagnie de garde du QG de la 22ème DI, de sa propre initiative, fait livrer un réfrigérateur et un poste de télévision à la résidence du Général. Madame Hieu est toute contente de recevoir ces articles coûteux dont sa famille ne pourrait pas financièrement se permettre. Le soir, au retour de son mari, elle les lui présente avec une joie non retenue. Hieu demeure pensif et ne montre rien de son mécontentement. Le matin suivant, il fait venir le Lieutenant Hien pour un entretien privé. Il dit: "je sais que votre solde d’officier ne vous permet pas de faire cette folie. Ne l’aviez vous pas faire main basse dans la caisse de votre compagnie par hasard? Je vous invite de rapporter ces deux appareils au PX et de restituer l'argent à la compagnie." A part le Général, Hien et moi-même, personne n'était au courant de cet incident. À la promotion régulière suivante, le Lieutenant Hien n'a nullement été souffert de cette mésaventure.

Le Général Hieu a excellé dans différents domaines, y compris au jeu de mah-jong. Une nuit, tout l’état major se repose dans un campement, après une journée de travail bien remplie. Un officier ami m'enseigne au jeu de mah-jong. Hieu passe par là et aperçoit que nous somme en train de le pratiquer. Cependant il ne dit rien et continue à aller se doucher. À son retour, il s'approche de notre table, s'assoie confortablement, et procède à nous montrer plusieurs mouvements astucieux de ce jeu compliqué. Après quoi il se lève et nous dit: "Il est bon de savoir jouer au mah-jong, mais il faut faire attention de ne pas devenir dépendant: on pourrait y perdre sa vie."

J 'admire particulièrement deux Généraux. Le premier est le Général Do Cao Tri, parce qu'il était téméraire. À ceux qui expriment la crainte pour sa vie en le voyant s'aventurer de trop près du feu, il leur disait: "Au champ de bataille, on doit avancer coûte que coûte. Si les balles vous atteignent, vous devenez un héros aux yeux de tous. Et si elles vous manquent, vous êtes également considéré en tant que tel."

Le second est le Général Hieu parce qu'il menait des combats intelligemment. Un autre encore était le Général Lu Lan pour les mêmes raisons, cependant à un échelon inférieur de celui de Hieu.

Le Général Hieu rend plus facile le travail de son chef d'EM en simplifiant ses tâches. Il porte toujours un petit carnet sur lui. Chaque fois qu'il donne des ordres en opération, il les note soigneusement. De retour au QG, il m'informe de ses récentes décisions qu'il vient de faire, et me fait envoyer la confirmation écrite de ces ordres aux différents commandants. En faisant ainsi, il évite la situation dans laquelle "la trompette sonne d’un côté et les tambours battent de l’autre». La plupart des Généraux préfèrent donner des ordres sur le champ de bataille afin d’assouvir leur autosatisfaction. Et une fois de retour au QG, ils rentrent directement chez eux pour manger puis se reposer sans prendre la peine d’informer leur chef d'EM des ordres qu'ils ont donné la veille aux commandants opérationnels. Quand ces derniers les reçoivent par écrit, ils appellent le chef d'EM tous confus: "Qu'est que c'est? Vos ordres contredisent ceux du Général!"

Il va sans dire que non seulement le Général Hieu était excellent en stratégie, mais il était également un tacticien génial. En prenant les rênes de la 22ème DI, il m'a confié: "Mon vrai rôle n'est pas celui d'un tacticien divisionnaire, mais plutôt d'un stratège dans la conduite de son état major." Il était modeste en disant ainsi. Il a appris très vite, et en un temps record, était devenu un tacticien hors pair d'une division.

Le Colonel Trinh Tieu raconte:

Le Général Nguyen Van Hieu, qui reçut une solide éducation de son père, fut l'un des meilleurs cadets de la 3ème promotion de l'Académie Militaire de Dalat. Toute sa vie a été consacrée à la patrie et à l'armée. Une vie de droiture depuis le jour où il n'était qu'un officier subalterne jusqu'au moment où il atteignait le rang de général. J'ai eu le privilège de servir sous ses ordres à la 22ème Division d'Infanterie (DI) de 1966 à 1968. Son seul passe-temps était d'exercer le tir au pistolet. En fins de semaine, il avait l'habitude d'inviter les officiers de son état major au concours de tir. Personne n'était aussi bon que lui.

Je me rappelle qu'un jour, après l'heure de travail, le chauffeur le ramène à la maison située dans la ville de Qui Nhon (le quartier général de la 22ème DI se situe à Ba Gi, 10 kms en dehors de la ville). A mi-chemin, le Général Hieu regarde vers l'arrière et aperçoit une caisse de boîtes de lait condensé provenant de l'Unité d'Approvisionnement Militaire. Il questionne le chauffeur: "À qui appartient cette caisse de lait?" Celui-ci lui répond: "Mon Général, votre dame m'a demandé de les acheter pour les enfants." Hieu demeure pensif pendant un moment puis demande: "Chaque mois, combien de boîtes sont réservées à chaque famille ? "Mon Général, chaque foyer a droit à 6 boîtes." Le Général lui dit: "Faites demi-tour au quartier général et retournez cette caisse à l'Unité d'Approvisionnement et ne prenez que 6 boîtes, parce que je ne suis qu'un soldat comme vous."

Le LTC Nghiem Ke, Commandant de l’unité de Génie de la 22è Division, raconte:

Le Colonel Hieu m’a entrainé au concours de tir à pistolet: comment tenir le pistolet, comment respirer, comment appuyer sur la gâchette. Dans une compétition avec les tireurs de l'armée américaine, je gagné le premier prix.

Le LTC Nguyen Anh Ton raconte:

A person can be assessed on two aspects: competence and virtue. On the matter of competence, being a subordinate, I do not feel qualify to formulate a judgment toward a superior and would defer this task to more qualified persons. As of virtue, I will offer some anecdotes, although ordinary, but nevertheless significant in the General’s spiritual life.


Nguyễn Anh Tôn

Chacun adopte un mode de vie selon son aspiration. Quant au Général Hieu, j'avais remarqué qu'à cette époque, une maxime trônait en permanence sur sa table de travail:

Un travail bien fait est la joie du coeur.
Une prière bien accomplie est la paix de l’âme.

A travers ces deux courtes phrases, on comprend mieux l'humilité, l'honnêteté et l’humanisme que le Général a pratiqué pendant toute sa vie.

1- Une vie simple

Au temps où il dirigeait la 22ème DI, tous les matins à six heures Hieu partait de Qui Nhon à Ba Gi, lorsque sa jeep dépassait le lieu-dit de Cau Doi, il déballait son sandwich et commençait à le consommer. Et dès qu'on atteignait le pont de Ba Gi, son petit déjeuner était terminé. Une fois entrer dans son cabinet de travail, un verre de thé vite avalé et le voilà prêt à affronter la journée. De temps en temps s'il devait passer la nuit sur place, une baguette de pain lui serait apportée, à la même heure, par le personnel du QG.

Le soir venu, avant de quitter le QG, il a l'habitude de prendre soins de ses deux armes personnelles. Jamais il ne déléguait cette besogne à qui que ce soit.

2- Une vie honnête

Un jour, son chauffeur amenait une caisse de lait achetée au magasin de l'armée dans sa jeep. A peine monter dans la voiture et l'ayant aperçu, il questionne : — "D'où vient cette caisse de lait ?" — "Je l'ai acheté pour votre Dame." – "Chaque famille a-t-elle droit à une caisse entière?" — "Non mon Général, au lieu de six boites, on nous a cédé 1 caisse" — "Si on achète tant de lait, il n'en aura pas assez pour tout le monde, par conséquent vous allez rendre le surplus, et ne gardant que le quote-part familiale".

Une autre anecdote démontre l'ampleur de son honnêteté. A l'occasion de la venue de la femme de son conseiller divisionnaire US, ceux-ci ont invité le couple Hieu à un dîner amical. Pour rendre la politesse, sa femme organisa un repas familial en l’honneur de leurs hôtes américains. Ce matin-là, le commandant de la 22ème compagnie est passé par hasard chez lui, et ayant constaté la frugalité du repas, y avait ajouté une partie de nourriture de sa part. Le Général l'aperçut, il lui remercia mais lui pria de le ramener chez lui.

3- Une vie charitable

Des actes concrets démontrent sa préoccupation à la vie quotidienne de ses subordonnés. Je l'accompagnais souvent durant ses inspections opérationnelles. Un jour, lors d'un vol d'observation d'une campagne mixte Américano-vietnamienne situant à l'Est du Col de Binh-De, à cheval entre Binh Dinh et Quang Ngai, son hélicoptère atterrit au milieu de la 4/40 compagnie. Après avoir discuté avec le commandant, il s'avance vers l'un des soldats s'enquérant de sa santé, il questionne à la fin: "Ce midi, qu'avez vous comme déjeuner?" Ce dernier sans un mot, fouille dans son sac à dos et lui montre une ration de riz et une petite boîte contenant du sel mélangé aux cacahuètes. Retournant vers le Lieutenant Long, son ordonnance, il lui dit: "Au retour, rappelez-moi à propos des rations sec." Plus tard, au QG un ordre est donné au 4ème de s'en occuper immédiatement de cette question.

Je l'accompagnais un jour à la base du 4/40 Bataillon. Un Sergent nommé Thien, issu de Quang Nam, était connu de tous en raison de sa haute stature et de pieds énormes. Aucune pointure de chaussures disponible au magasin de l'armée ne lui convenait. De ce fait, il s'est contenté d'une paire de sandalette qui rendait son allure ridicule. On ne saura jamais pourquoi le Général a eu vent de son cas, mais dès son arrivée, il convoquait ce colosse de Sergent, lui s'informant sur son état actuel et ensuite, a ordonné qu'on prenne de l'argent de la caisse divisionnaire pour lui offrir une paire de ranger à sa mesure, provenant des stocks US. A partir de ce jour-là, ce brave Sergent a pu se rassurer et se sentir qu'il est devenu un soldat à part entière, bien habillé de pied en cap.

Le Général prenait soin également aux familles de ses soldats. Ayant constaté que son faible budget ne le permet pas de construire selon son voeux une caserne convenable, il a fait appel à ses conseillers US et, grâce à leur concours, à récupérer assez de matériels provenant des campements US, et enfin est parvenu à édifier un quartier familial au profit de la 22ème DI.

Une autre construction a été réalisée à De-Duc, au nord de Bong Son, province de Binh-Dinh, permettant aux familles de la 40ème RI de profiter d’un certain confort; des centaines de logements équipant cuisine, salle à manger et sanitaires. Le tout fonctionnant à l'eau courante. Un autre quartier semblable a vu le jour à Plu My au profit des 41ème et le 40ème RI ainsi que le 47ème RI basé à Tuy-Hoa.

Au QG divisionnaire lui-même, le Général a confié au 22ème Bataillon de Génie la mission de bâtir une école élémentaire comprenant toutes les classes. De même, le groupe de "guerre psychologique" a reçu l'ordre de négocier auprès de l'Education Nationale, et ainsi a réussi à emmener des éducateurs nécessaires aux besoins des enfants.

Un relais sanitaire et une maternité réservés aux familles militaires ont sorti de terre. Les médecins, les infirmiers issus du 22ème Bataillon de santé s'en occupaient en distribuant les médicaments nécessaires à tous.

En outre, il a fait construit un local destiné à l'enseignement des divers métiers. Plusieurs cours de couture ont été créés favorisant ainsi des débouchés appréciables pour plusieurs personnes.

Le Général prenait très souvent ses repas en compagnie de ses subordonnés. Au cours d’un de ces repas, il a proclamé que 2 conditions sont indispensables pour encourager le moral des troupes: la première est un armement approprié, la seconde concerne le bien-être de la vie matérielle de leurs familles.

En résumé, le feu Général Nguyen Van Hieu fut un chrétien exemplaire. Il fut un mari, un père généreux, bienveillant et discret. En dehors de son travail, il participait activement à la vie familiale et pratiquait scrupuleusement son devoir de chrétiens. Il fut un grand leader, un grand frère, et appliquait un mode de vie simple, honnête et charitable. Il fut également un exemple pour la famille et la camaraderie.

Le LTC Nguyen Nho raconte:

En 1966, le Colonel Nguyen Van Hieu, Commandant de la 22è Division d'Infanterie m'a nommé son officier de presse. Je travaillais avec lui pendant environ un an et ensuite étais transféré à l'Ecole Militaire de Dalat. On doit dire que le Général Hieu était très vertueux, doux et taciturne. Il ne manquait jamais la messe et la communion le dimanche. Comme je ne restais pas assez longtemps à ses côtés, et en outre, je n'étais qu'un jeune Sous Lieutenant fraîchement sorti de l'école, je ne me rappelle malheureusement pas les nombreuses fameuses batailles dirigées par le Général. Mais une chose est certaine, c'est que depuis qu'il prenait les commandes de la 22è DI, le programme de pacification avait fait de grand progrès dans la 22è zone tactique. Chaque matin, je descendais au 3è Bureau pour recueillir les informations; en particulier celles de la pacification, j'avais découvert que nous gagnons le contrôle de plus en plus de villages.

A propos de sa simplicité, je me souviens qu'une fois je l'accompagnais dans une de ses missions en hélicoptère. A notre retour au quartier général, il était déjà une heure de l'après-midi. Nous descendîmes à la cantine et les responsables de la cuisine nous firent savoir qu'il n'y a plus à manger. Le Général reçut la nouvelle de bon gré et retourna au quartier général pour se reposer. Une demi-heure plus tard, on l'invita par téléphone à retourner à la cantine. Il m'amena avec lui. En guise de menu, on nous servit de l'omelette et un peu de légume cuite à l'eau. Comme nous avions très faim, nous mangions avec de grand appétit.

En termes de bataille, mon frère en a effectué trois bien notables: Dai Bang 800, Tam Quan and Deo Phu Cu.

Colonel Trinh Tieu narrates:

Au sujet des opérations communes avec les unités alliées, je me rappelle toujours de l'opération Griffe d'Aigle 800 au début de 1967. Selon le plan du Général Westmoreland et du Général Cao Van Vien, les unités vietnamiennes, américaines et coréennes doivent mettre en application l'opération de chercher et détruire l'ennemi en 1967. La province de Binh Dinh était la province la plus large, avec 12 districts, la province la plus peuplée dans le Sud Vietnam (approximativement 1 million d'habitants) et était la province la plus infectée de Viet Cong. De 1945 à 1954, Binh Dinh était la capitale de la 5ème Région communiste (l'armée française n'avait jamais mis les pieds dans cette région). Pendant plus de 9 ans sous le contrôle communiste, beaucoup joignaient le parti communiste, d'autres se ralliaient au Nord, par conséquence presque chaque famille avait quelque sorte de liens avec le communiste.

Opération Griffe d'Aigle 800

Dans cette région, les communistes avaient la 3ème Division (Etoile D'Or), la Division renommée de la 5ème Région communiste, un gouverneur et son poste de commande composé de plusieurs bataillons locaux, et d'innombrables guérilleros. Selon les cartes de planification de l'opération Griffe d'Aigle 800, les quatre districts au Nord: Tam Quan, Bong Son, Phu My et Phu Cat, les régions les plus peuplées, étaient assignées à la 22ème Division avec la mission de chercher et détruire l'ennemi et également de pacifier ces régions. Les régions au Sud étaient: Qui Nhon, Tuy Phuoc, Phu Phong et Van Canh étaient des régions opérationnelles de la Division Tigre coréenne; et les quatre districts à l'ouest: An Khe Vinh Thanh, An Lao et Hoai An, régions montagneuses et dangereuses étaient désignées comme étant les régions opérationnelles de la 1ère Division de Cavalerie américaine, parce que cette Division était équipée avec une puissance formidable de tir des hélicoptères et d'avions, et ainsi était la force de pont dans la planification des trois états majors vietnamien, américain et coréen. La 1ère Division de Cavalerie américaine entrerait tout d'abord dans la région opérationnelle pendant les 3 premiers jours, puis viendrait le tour de la 22ème Division vietnamienne et celui de la Division Tigre coréenne dans leurs régions opérationnelles respectives.

Pendant les 3 premiers jours, avec les soutiens considérables d'hélicoptères, la 1ère Division de Cavalerie américaine débarquait ses troupes dans les régions les plus sauves des communistes dans les districts de Hoai An et Vinh Thanh, détruisait et brûlait plusieurs dépôts de riz des communistes, emplacements de service arrière de la 5ème Région et de la 3ème Division. Les soldats américains étaient très agressifs dans la recherche et la destruction de l'ennemi, mais les communistes étaient très astucieux en évitant tous contacts avec les Américains parce qu'ils savaient que les troupes américaines étaient très fortes.

À 11 heures de la nuit du jour J+3, l'hélicoptère du Général de Division de la 1ère Division de Cavalerie américaine se dépose sur le quartier général de la 22ème Division. Celui-ci vient rencontrer et discuter avec le Général Hieu. Il lui demande d'abandonner l'idée d'attaquer vers la direction de la région à l'ouest du district de Phu My et de coordonner avec la 1ère Division de Cavalerie américaine pour attaquer dans An Lao où il est convaincu que la 3ème Division communiste rassemble ses troupes. Le Général Hieu me fait venir pour confirmer l'information de renseignement. Je présente au Général Hieu et au Commandant Général de la 1ère Division de Cavalerie américaine que j'ai rencontré un guérillero Viet Cong qui réside dans les régions montagneuses à l'ouest du district de Phu My. J'ai dépensé beaucoup d'argent pour nourrir la famille de ce guérillero. Quelques jours auparavant, il m'a informé que plusieurs unités de la 3ème Division communiste se sont rassemblées dans les régions adjacentes des deux districts de Phu My et de Hoai An. Basé sur les informations confirmées précédemment fournies par ce guérillero, j'ai déterminé qu'il dit la vérité. Je confirme au Général Hieu et au Général américain que plusieurs régiments de la 3ème Division communiste se cachent dans la région opérationnelle mentionnée ci-dessus.

Le Commandant Général de la 1ère Division de Cavalerie américaine dit: "Aujourd'hui, j'ai fait débarquer par hélicoptère une compagnie de Rangers dans la région opérationnelle pour chercher l'ennemi, mais n'a eu aucun contact. Je sais que j'ai tort d'agir ainsi parce que j'ai envahi la région qui a été réservée à la 22ème Division, mais à cause de mon grand désir de conquérir l'ennemi, j'ai été forcé d'agir ainsi." Il me demande: "Commandant (j'étais chef du 2ème Bureau de la 22ème Division en ce temps-là), êtes vous certain que l'ennemi se trouve dans la région où l'opération va se dérouler?" Je réponds: "Mon Général, les communistes sont extrêmement prudents en évitant de faire contact avec les unités américaines parce qu'ils ont peur de votre puissance de tir. Je suis convaincu que la 22ème Division va entrer en contact avec la 3ème Division communiste dans cet emplacement." Le Général Hieu dit poliment au Général américain: "Selon le plan discuté par les trois divisions vietnamienne, américaine et coréenne, notre Division entrera dans notre région opérationnelle demain, nous ne devrions pas changer le plan trop tôt."

Basé sur l'information de renseignement fournie par le 2ème Bureau, le Général Hieu ordonne au Lieutenant Colonel Bui Trach Dzan, commandant du 41ème Régiment de n'utiliser que 2 bataillons d'Infanterie avec l'unité du poste de commande pour entrer dans la région opérationnelle très tôt le matin et quand ses troupes atteignent l'objectif vers 3 heures de l'après-midi, de camper les troupes, de faire les soldats prendre leur dîner et creuser des tranchées individuelles de défense. La région est infectée d'indicateurs Viet Cong. Sachant parfaitement que ces indicateurs signaleraient les communistes d'attaquer nos unités quand ils ont su le nombre amoindri de nos unités commises dans la région opérationnelle, le Général Hieu a devisé un plan de contre-attaque avec une cavalerie blindée. Il cache un Bataillon d'Infanterie et un Régiment de Cavalerie blindée à une distance de 10 kms loin de la région opérationnelle, hors de la vue ennemie.

À 2 heures du matin, Lieutenant Colonel Bui Trach Dzan transmet par radio au quartier général faisant savoir que l'ennemi commence à attaquer ses unités. Le Général Hieu donne l'ordre au Régiment de Cavalerie blindée et au Bataillon d'Infanterie en réserve de se précipiter en vitesse vers l'objectif et de contourner en arrière de la ligne ennemie, pour l'encercler et de l'empêcher de se retirer. La 1ère Division de Cavalerie américaine, découvrant que nous entrons en contact avec l'ennemi, envoie des hélicoptères pour fournir l'éclairage. L'artillerie des deux Divisions vietnamienne et américaine tirent sans répit sur la tête de l'ennemi. Les roquettes lumineuses lancées par la 1ère Division de Cavalerie américaine sont si brillantes que la nuit devient aussi claire que le jour. Le plan d'attaque de nuit des communistes a été neutralisé. Trente minutes plus tard, le Régiment de Cavalerie blindée et le Bataillon d'Infanterie en réserve arrivent à la scène à temps, encerclant l'ennemi et tuent beaucoup d'entre eux. À 5 heures du matin, les communistes ont dû lécher leur blessure, se disperser et battre en retraite dans la jungle, laissant en arrière 300 tués gisant partout, de nombreuses armes et munitions éparpillées partout.

Le Général Hieu se dépose par hélicoptère pour inspecter le champ de bataille. Quinze minutes après, le Commandant Général de la 1ère Division de Cavalerie américaine se montre également à la scène de bataille. Voyant que nos unités ont accompli une victoire contre la 3ème Division communiste avec grandeur, le Commandant Général américain se dirige vers moi, secoue ma main et me félicite à plusieurs reprises au sujet de la tactique d'appât conduit par la 22ème Division et de l'exactitude dans la récolte de renseignement conduite par le 2ème Bureau.

Le Général John J. Tolson écrit dans Airmobility 1961-1971, VII - The Peak Year, 1967:

Le vaste périmètre dans lequel s'est déroulée l'opération Pershing dépassait largement la capacité de la seule brigade à qui on l'a confiée la mission à l'époque. J'étais bien content d'avoir eu beaucoup de concertations à propos de la sophistication du concept de la mobilité aérienne avec la 22ème Division (DI) de l'ARVN, sous la conduite efficace du colonel Nguyen Van Hieu car cette unité devrait assumer la responsabilité principale dans la province de Binh Dinh pour une longue période.

L'Opération Pershing Continue

Pendant toute la durée des opérations de Binh Dinh, la 1ère Division de Cavalerie Américaine (DCA) a développé un rapport spécial avec les régiments de la 22ème DI de l'ARVN. Ces régiments ont été assignés à leurs propres régions contiguës à celle de la zone opérationnelle de la 1ère DCA et, de concert avec les hélicoptères de la 1ère DCA, ils se sont devenus très rodés dans les complexités des assauts aéroportés. Pendant l'opération Pershing, plus de 29 interventions communes ont été conduites avec la 22ème DI de l'ARVN. Le 40ème Régiment de cette Division a joué un rôle majeur dans la bataille de Tam Quan.

Retournons en arrière, en mai 1967, les capacités de la 1ère DCA ont été considérablement augmentées par l'attachement de trois compagnies de la 816ème Force de Police De Choc Vietnamienne. L'introduction de cette dernière force dans le périmètre d'opération Pershing a apporté une nouvelle arme redoutable pour détruire plus efficacement l'infrastructure Viet Cong. A partir de ce moment là, cette division a pu mener avec une efficacité accrue des opérations d'encerclement et de ratissage des hameaux et villages. Ce concours des pelotons de la Police de Choc était primordial pour les opérations de la 1ère DCA dans la province de Binh Dinh.

Tam Quan

La Bataille de Tam Quan, du 6 décembre au 20 décembre 1967, fut l'un des plus grands affrontements pendant l'Opération Pershing; c'était un bon exemple de la pratique du concept d'"empilage" réussi avec les ripostes déclenchées presque immédiatement de la tactique aéromobile contre l'ennemi. La bataille a commencé avec la découverte fortuite d'une antenne de radio ennemi par une équipe d'avant poste près d'une localité proche de Tam Quan, et un petit contingent a été envoyé vers cet objectif à 16h30 le 6 décembre. Bien que le contact initial avec l'ennemi ait été plutôt tardif, la 1ère Brigade a réagit en "empilant" avec un bataillon d'infanterie et avec les unités du 1re Bataillon/50ème Régiment d'Infanterie Mécanisé. Le jour suivant, les unités du 40ème Régiment de l'ARVN rejoignaient la lutte et se distinguaient d'une façon hargneuse. Pendant toute la bataille, grâce à l'utilisation massive de l'artillerie, de soutien tactique et d'assauts aériens par les troupes américaines aussi bien que vietnamiennes, les forces alliées ont gardé l'initiative. Il s'est produit des engagements sanglants au corps-à-corps, des tranchées aux bunkers. La Division a utilisé ses forces mécanisées pour immobiliser l'ennemi et les soutirer des positions fortifiées. Les unités aéromobiles le frappaient quand il essayait de se déplacer. L'ennemi a perdu 650 hommes pendant cette lutte féroce.

Le Capitaine Phan Nhat Nam raconte:

Le Général Hieu prit le commandement de la 22è Division d'Infanterie juin 1966, et vers la fin de l'année (novembre), le Commandant récemment nommé a gagné une victoire sur le champ de bataille au Col Phu Cu (District de Phu My). En ce moment là, nous, l'unité de renforcement (3è Force de Frappe de Parachutistes-Pnn) établissons une position de blocage sur la pente de la montagne, et assistons a la scène dans laquelle l'unité amie (42è Régiment/22è Division) se joindre fore avec un escadron blindé de M113s menant une opération de balayage de la Route Nationale 1 à la montagne. La bataille se défile tout comme un film documentaire militaire de la 2è Guerre Mondiale. Les fantassins en formation de déploiement accompagnent les véhicules blindés M113s donnent l'assaut, à la suite d'un barrage de feux d'artillerie, tout comme les chevaliers du Moyen Age chargeant en combat. Le Commandant de la Force de Frappe de Parachutistes, Lieutenant Colonel Nguyen Khoa Nam observe la bataille de la pente de la montagne avec sa binoculaire. Bien qu'il soit parcimonieux en mots, il a exclamé avec admiration: " Le Colonel Hieu conduit ses troupes comme un officier de chars de métier, et les combattants de la 22è Division luttent autant d'élégance que nos parachutistes. " Ce sont là l'éloge sincère d'un combattant à un autre sur le champ de bataille.

Le 1er novembre 1967, mon frère a été promu au grade de Général de Brigade.


Novembre 1967

Le 25 février 1968, le Général Lu Lan a été assign » pour remplacer le Général Vinh Loc comme Commandant du 2è Corps d’Armée.


II Corps Allied Headquarters

Le Colonel Trinh Tieu raconte :

Le style de travail du Général Hieu a suscité l'admiration et le respect de la part des soldats de tous rangs à la 22ème DI, et tous était fier de servir sous ses ordres. Envers ses subalternes, il était magnanime, intelligent, ouvert, incorruptible, n'acceptant d'être soudoyé par qui que ce soit A l'égard des unités américaines et alliées, il inspire l'extrême respect et admiration par son dévouement à la cause du pays et de l'armée. Afin de défendre la souveraineté de l'ARVN, le Général Hieu a dû batailler ferme avec le Commandant de la 1ère Field Task Force américaine à Nhatrang, ce dernier a donné l'ordre à la 22ème DI de mettre à la disposition d'un capitaine chef de district, un régiment commandé par un colonel dans le programme de Pacification et de Développement. Cette affaire a abouti à une dispute orageuse et compliquée, et le Général Lu Lan, commandant Général du 2ème CA a dû intervenir pour apaiser l'ardeur des deux protagonistes.

En 1966, les unités américaines et ses alliées débarquèrent à Qui Nhon. Dans la province de Binh Dinh, il y avait trois divisions: la 1ère Division de Cavalerie américaine, la Division Tigre coréenne à Van Canh, et la 22ème Division vietnamienne à Ba Gi. Au début, les trois états majors alliés se sont fréquemment rendus visite.

Le Commandant de la Division Tigre coréenne était très arrogant. Il se considère comme un général compétent parce qu'il est diplômé de l'US Army Command and General Staff College, Fort Leavenworth, Kansas. Un jour, il rend visite à la 22ème DI. Pendant la conversation, il se vante constamment d'être issu de cette école prestigieuse. Il faut dire que l'armée coréenne avait eu très peu de candidats admis à cette institution. Il demande à Hieu combien d'officiers de l'ARVN ont reçu cette formation. Ce dernier lui répond avec courtoisie: qu'il ne sait pas exactement combien, mais dans sa 22ème DI, lui-même et le Lieutenant-Colonel Le Khac Ly, son chef d'état-major l'y fréquentèrent. Le général coréen ne croit pas à ses oreilles et à partir de ce jour-là, il commence à manifester son respect envers le Général Hieu et son état-major.

Le Capitaine Tran Hoai Thu écrit:

Je me présentais à la 405ème Compagnie de Reconnaissance quand le Général Hieu était le Commandant de la 22ème DI (Août 1967). Il aimait beaucoup notre unité. Parce que nous lui étions très proche, et parce qu'il nous avions réussi plusieurs missions qu'il nous avait confiées. Chaque fois que notre unité finissait de conquérir un objectif, son hélicoptère le déposait immédiatement pour nous féliciter et nous conforter. Le 9 Mai 1968, ma compagnie tombait dans un guet-apens sur la colline de Ky Son. Nous avions subi de grande perte: 4 morts, y compris un conseiller américain; moi même et le commandant de compagnie fûmes blessés. Cet après-midi là, son hélicoptère était arrivé sur le sommet de la colline et il resta assis tête baissée pendant une bonne demi-heure. Il donna ensuite l'ordre de mettre le drapeau en berne pendant toute la semaine suivante. Je porte en moi son image, son amour pour ses soldats, sa bonté afin de m'assurer avec fierté d'avoir servi sous ses ordres. Il a donné à chacun de nous un beau poignard en signe de reconnaissance.

Il écrit en outre comment mon frère a sélectionné le commandant de l’unite de recon:

Durant presque un mois, l'unité est mise en quarantaine. Non pas pour raison militaire, mais à cause de la mort de son chef, le lieutenant Au Hoang Minh. Il a été abattu par un lieutenant des Forces Spéciales sur la piste de danse du cabaret Clair de Lune à Qui Nhon. Sa disparition a stupéfié tout le monde. Le sous-lieutenant Duc, alias « Duc à la Moustache de plombe », son adjoint, a juré de le venger. La bataille, au lieu de se dérouler au front, se passe maintenant à l'arrière. Les unités de La Prévôté Vietnamienne et Américaine patrouillent incessamment. Les unités des Forces Spéciales et celles des commandos sont mises à la consigne avec l’interdiction formelle d’entrer en ville. Le Lieutenant Minh était un combattant formidable et aguerri de la 22ème Division d'Infanterie (DI). Il était d’origine Parachutistes.

La disparition du commandant de la 405ème Compagnie de Commandos incombe au Commandant de la 22ème DI, le Général Nguyen Van Hieu, la tâche de sélectionner un successeur digne de ce nom. En tant que commandant d’une division comportant trois régiments, avec la mission de couvrir tous les territoires des subdivisions de Binh Dinh, Phu Yen, Phu Bon, Pleiku, Kontum, ordinairement, cette tâche n’est pas la sienne. Et pourtant il a mis tout son coeur dans cette affaire.

La réputation des Commandos n’est plus un secret pour personne depuis que l'Etat Major Général a créé les six unités autonomes pour répondre aux besoins particuliers de la lutte montagnarde. Initialement, la majorité de ses troupes sont composée de guerriers provenant des tribus Nung (les montagnards du Nord), renforcées par des montagnards du centre et des vietnamiens (les Kinh). Ils forment une entité à part; opèrent des missions de reconnaissance et exécutent des raids éclairs. Ils ne portent pas des casques mais des chapeaux feutrés, et n’utilisent que de l’armement léger. Ils sont fiers de leur esprit combatif comme l'attestent leurs nombreux raids foudroyants au sein des sanctuaires ennemis de Tam Bien, détruisant entièrement leurs bases arrières ; ou encore de leurs secours portées aux unités amies encerclées. Leur tâche principale est celle d'une unité de réserve et de la protection du quartier général (QG) de la 22ème DI. Durant le commandement du général Hieu, ils ont assuré si bien leur mission qu’aucun obus n’a pu atteindre le périmètre du QG divisionnaire.

Celui-ci comprenait leur frustration causée par la mort de leur chef, et par contrecoup, la discipline s’amenuisait de jour en jour. Il ne voulait pas que cette unité continuait à sombrer dans la carence. Mais comment faire pour déceler un nouveau leader capable de les commander efficacement et en même temps les contenir contre leur soif de vengeance? Un chef possédant de l’esprit d’équipe, de la maîtrise de soi en toute circonstance et dépourvu d’arrogance et de bellicisme?

Un matin, il remarqua un jeune lieutenant arborant l'insigne de parachutiste à la poitrine. C'était l'officier de liaison de l'air du Centre Opérationnel. Il reconnaissait en ce dernier de la sérénité, de la connaissance en stratégie, de l’expérience en tactique, et de la maîtrise en langue étrangère capable de soutenir brillamment un briefing en Anglais. Ce dernier trait lui procurait de la fierté vis-à-vis du conseiller Américain. Il ordonna discrètement au 1er bureau de lui présenter son état de services. On lui fit savoir que ce dernier est issu de la 18ème promotion de Dalat et avait été recalé du corps parachutiste. Il se nomme Nguyen dinh Tra et sous l’autorité duquel j'ai eu le privilège de servir pendant presque quatre ans et demi jusqu'au jour où il devint capitaine, ensuite commandant d'un bataillon.

En plus, quelques anciens combattants américains se souviennent encore du Général Hieu comme suit:

* Nous transportions le personnel de cette unité Sud-coréenne, et nous le faisions également pour le Commandant de la 22ème DI vietnamienne à cause des réunions de planification commune de ces deux forces alliées... L'indicatif d'appel de nos hélicoptères était Pélican 644. Si ma mémoire ne me trahit pas, le Commandant a visité une maison à côté du PX américain à Qui Nhon et je me souviens qu'il avait un jeune Lieutenant comme aide de camp, et qu'il y avait des enfants jouant souvent devant la maison. Je présume qu'il a vécu là avec sa famille. En fait il rencontrait souvent le Commandant coréen et nous le transportions souvent. Je crois qu'il y avait eu plusieurs occasions où nous l'avions amené à Tuy Hoa, au sud de Qui Nhon où stationne le 9ème Régiment de Marines coréen. Il y a bien longtemps que j'ai quitté le Vietnam. Cependant, mon meilleur souvenir de lui, c'est qu'il était un homme très fier et bien respecté par ses troupes. (Jason Kaatz, 161st Assault Helicopter Company, 52nd Combat Aviation Battalion)

* Je me souviens l'avoir rencontré dans un briefing. Il était certainement imposant. Je le revois entrain d'observer, d'écouter, avec seulement une ou deux questions pour éclaircir les choses. (Robert Reilly, Engineer Liaison Officer, US 4th Infantry Division)

* J'ai combattu avec le Général Hieu quand j'étais à la 1ère Division de Cavalerie américaine en 1967 et 1968. Je commandais un peloton d'hélicoptères CH-47 et me rappelait bien de la bataille de la Griffe d'Aigle 800 et de la coordination avec les unités vietnamo - coréennes. Nous avons combattu dans la plaine de Bong Son jusqu'à la vallée d'An Lao. Je suis terriblement déçu de n'avoir pas rencontré le Général Hieu. Je connais bien le Commandant de la 1ère Cavalerie. Quand il commandait l'Army Aviation Center à Fort Rucker en Alabama, j'enseignais la classe sur l'ajustement d'artillerie aérienne selon la demande du Général Tolson. Quand lui, puis le Colonel Putnam, partaient au Vietnam, ils m'avaient demandé de les accompagner. L'univers est un endroit bien grand mais est suffisamment petit pour que j'aie servi à côté d'un tel héro. (Carle "Gene" Dunn, LTC (retired), US 1st Cavalry Division)

* Je servais avec la 174th Assault Helicopter Company et avait participé dans quatre opérations conduites par le Général Hieu à l'époque où il était Commandant de la 22ème DI. Je suis en train de lire votre pageweb. Il est évident que vous êtes très fier de votre frère - et vous avez raison de l'être. Plus important, je pense qu'il serait très satisfait de vous et très reconnaissant pour tout l'effort que vous avez mis dans la préservation de sa mémoire. Je ne le connaissais pas bien. N'oubliez pas, il était un général et je n'étais qu'un commandant à l'époque. Je puis dire, sans hésitation, que j'avais un très grand respect pour lui. Il avait assumé des tâches dures et la preuve de sa perspicacité et son esprit de responsabilité était qu'il rencontrait toujours le succès. (Jim Shrader, Major, US 174th Assault Helicopter Company)


Décoration des Commandants Payne and Shrader de the 174th Assault Helicopter Company

Le 30 mai 1969, mon frère a été sélectionné d’être officier général aide-de-camp du Président Thieu dans la délégation vietnamienne en visite de Taiwan.


Taiwan 30/5/1969

Le 9 août 1969, il a été promu au grade de Général de Division.


Août 1969

Trois jours plus tard, le Général Tri amène mon frère à Binh Duong pour prendre le commandement de la 5è Division d’Infanterie.

Nguyen Van Tin
Le 28 Juillet 2015


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