Attentif aux Besoins d’Autrui

Dès depuis les jours à l’Ecole Militaire de Dalat, tous les cadets militaires aiment Hieu à cause de sa gentillesse et sa disposition de prêter la main à tout le monde, sans faisant attention au rang, que ce soit un général ou simple soldat, riche ou pauvre, compétent ou ignorant, bon ou mauvais. Il possède une immense générosité et patience en face de n’importance quelle situation. Il maintient son équanimité et sympathie quelle que soit la lenteur et la maladresse que la personne à qui il affaire avec puisse montrer. Le cadet Quan Minh Giau expérience ce spécial traitement du Général Hieu lorsque ce dernier lui enseigne à conduire une moto bicyclette:

Envers les amis occasionnels ou intimes, Hieu se montrait également affable et patient. Une fin de semaine, nous étions en permission. Hieu m'invitait à aller visiter la plantation de thé d'Entreray par moto bicyclette louée dans le centre de la ville de Dalat. En toute honnêteté, je ne savais pas monter une mobylette; j'avais essayé une fois et n'avais pas réussi, mais quand Hieu m'invitait et promettait de me l'apprendre, j'avais envie d'aller. Ainsi, nous prenons chacun son engin, mettons en marche les moteurs, et Hieu m'indique les changements de vitesses, la manière à appuyer sur l'accélérateur, etc... Et il roule lentement au devant, et moi derrière ! En chemin, quand nous engageons sur certaines pentes, je cale le moteur à plusieurs reprises! Hieu se ralentit et me signale quand je dois rétrograder, à la 2ème, à la 3ème, et quand je dois revenir à la 1ère. C'était bien laborieux, mais enfin nous sommes arrivés à notre destination et sommes revenus sain et sauf. Pendant le trajet, Hieu s'est montré jovial et patient, il ne dénote aucune plainte ou impatience à propos de ma maladresse.

Ce qui frappe le Sous-Lieutenant Nguyen Ngoc Nhuan chez le Lieutenant Hieu, son camarade de chambre au quartier réservé aux bacheliers de l’Etat Major Général à Cho Quan dans l’année 1953 est qu’il était un officier gentil, vertueux et affable, extrêmement serviable envers ses camarades (Carrière Militaire, page 59).

Bien qu’il soit extrêmement attentif et sache immédiatement qui a besoin de son aide, le Général Hieu est très délicat à ne pas tendre une main accablante, mais plutôt son aide dévoile que de la gentillesse et du tact de sorte à ne pas déclencher aucun sentiment inconforbable chez le receveur de sa générosité; en plus, son aide est très mesurée, pas plus pas moins, appropriée à chaque situation individuelle et il disparaît immédiatement aussitôt que la personne à qui il est en train d’octroyer son assistance devienne autosuffisante et n’ait plus besoin de son aide. Il possède la patience d’une maman qui ménage la maladresse de son petit enfant ou d’un éducateur enseignant un élève mentalement retardé.

Alors qu’il commande de larges unités, le Général Hieu fait encore attention au bien être de chaque soldat et de sa famille. Il est convaincu qu’afin de permettre au soldat de se concentrer dans le combat, ce dernier devrait être certain que sa femme et ses enfants sont bien soignés par la division à l’arrière, au point de vue maternité, santé, médecins, écoles et formation au travail. Le Lieutenant Colonel Nguyen Anh Ton, qui sert sous le Général Hieu en tant qu’attaché de presse à la 22è Division, raconte:

Des actes concrets démontrent sa préoccupation à la vie quotidienne de ses subordonnés. Je l'accompagnais souvent durant ses inspections opérationnelles. Un jour, lors d'un vol d'observation d'une campagne mixte Américano-vietnamienne situant à l'Est du Col de Binh-De, à cheval entre Binh Dinh et Quang Ngai, son hélicoptère atterrit au milieu de la 4/40 compagnie. Après avoir discuté avec le commandant, il s'avance vers l'un des soldats s'enquérant de sa santé, il questionne à la fin: "Ce midi, qu'avez vous comme déjeuner?" Ce dernier sans un mot, fouille dans son sac à dos et lui montre une ration de riz et une petite boîte contenant du sel mélangé aux cacahuètes. Retournant vers le Lieutenant Long, son ordonnance, il lui dit: "Au retour, rappelez-moi à propos des rations sec." Plus tard, au QG un ordre est donné au 4ème de s'en occuper immédiatement de cette question.

Un autre jour, j’accompagne le Général dans une visité à la même unité à son camp en arrière. Dans cette unité, il y a un Sergent du nom de Thien, un originaire de Quang Nam avec une grandiose stature, dont la taille de ses pieds est anormalement énorme et le commissariat militaire ne procure pas des bottes de cette taille là. En conséquence, il doit se contenter de portes des sandales de caoutchouc qui ne vont pas avec son accoutrement militaire. Je ne sais pas comment le Général a eu vent de cette situation, car aussitôt arrivé au camp, la première chose qu’il fait est de demander de voir le Sergent. Puis il donne l’ordre de prendre l’argent d’une caisse spéciale pour acheter une paire de bottes manufacturées à la taille des soldats américains au marché de puces. A partir de ce moment là, notre Sergent se déplace en toute fierté, sentant qu’il est un soldat complet de la tête au pied!

Le Général prenait soin également aux familles de ses soldats. Ayant constaté que son faible budget ne le permet pas de construire selon ses voeux une caserne convenable, il a fait appel à ses conseillers US et, grâce à leur concours, à récupérer assez de matériels provenant des campements US, et enfin est parvenu à édifier un quartier familial au profit de la 22ème DI.

Une autre construction a été réalisée à De-Duc, au nord de Bong Son, province de Binh-Dinh, permettant aux familles de la 40ème RI de profiter d’un certain confort; des centaines de logements équipant cuisine, salle à manger et sanitaires. Le tout fonctionnant à l'eau courante. Un autre quartier semblable a vu le jour à Plu My au profit des 41ème et le 40ème RI ainsi que le 47ème RI basé à Tuy-Hoa.

Au QG divisionnaire lui-même, le Général a confié au 22ème Bataillon de Génie la mission de bâtir une école élémentaire comprenant toutes les classes. De même, le groupe de "guerre psychologique" a reçu l'ordre de négocier auprès de l'Education Nationale, et ainsi a réussi à emmener des éducateurs nécessaires aux besoins des enfants.

Un relais sanitaire et une maternité réservés aux familles militaires ont sorti de terre. Les médecins, les infirmiers issus du 22ème Bataillon de santé s'en occupaient en distribuant les médicaments nécessaires à tous.

En outre, il a fait construit un local destiné à l'enseignement des divers métiers. Plusieurs cours de couture ont été créés favorisant ainsi des débouchés appréciables pour plusieurs personnes.

Le Général prenait très souvent ses repas en compagnie de ses subordonnés. Au cours d’un de ces repas, il a proclamé que 2 conditions sont indispensables pour encourager le moral des troupes: la première est un armement approprié, la seconde concerne le bien-être de la vie matérielle de leurs familles.

Le Général Hieu accorde plus de valeur à la vie de ses soldats qu’à la sienne. Dans le retrait de la 8è Task Force hors de Snoul, parce que la puissance de feu anti-aérienne ennemie était si copieuse, lorsqu’il a dû s’envoler dans le poste de commande pour délivrer directement les instructions du retrait, au lieu d’être accompagné par son état major comprenant les chefs des 2è, 3è, 4è et 5è Bureaux comme d’habitude, le Général Hieu a laissé derrière tout le monde et s’est envolé en solo avec le membre d’équipage d’hélicoptère au champ de bataille.

Non seulement le Général Hieu est attentif envers les besoins de ses subordonnés immédiats; il prend également bien soin de ceux cherchent à obtenir ses faveurs à travers l’intervention de ses subordonnés, comme dans les trois exemples typiques suivants.

Le Lieutenant Colonel Nghiem Ke raconte que lorsqu’il travaillait sous le Colonel Hieu à la 22è Division d’Infanterie en tant que chef de l’Unité de Génie, il avait un frère qui était un officier de l’unité blindée. Ses parents avaient peur de la vie de son frère, car ses unités foncent souvent dans les villages à la poursuite de l’ennemi et son véhicule pourrait être touché facilement par une rocket anti-char B 40. Ils lui demandent d’approcher le Colonel Hieu afin que son frère puisse être affecté à un poste en arrière. Au début, le LTC Nghiem se sent embarrasser à demander une faveur à son patron. Par conséquent, il est pris par surprise quand les choses se sont parvenues avec facilité. Le Colonel Hieu n’a besoin seulement que de s’enquérir combien de temps son frère a servi dans une position de combat. Lorsque la réponse revient avec un six ans, le Colonel Hieu envoie immédiatement une lettre à l’Etat Major Général avec une requête d’un transfert d’un poste de combat à celui de bureau; ce qui est approuvé d’une façon expéditive..

Le Capitaine Ai raconte que lorsqu’il venait tout juste de sortir de l’Ecole Militaire de Thu Duc, il a été recommandé par son père au Général Hieu qui était à l’époque Commandant Adjoint du 3è Corps d’Armée. Son père travaillait avec le Colonel Hieu au 2è Corps d’Armée dans les années 1964-1965. Le Général Hieu lui dit en privée: “Essaie de servir à un poste de combat pendant au moins six mois. Après quoi, je verrai si je pouvais demander que tu sois transferé à travailler dans le centre d’opération.” Et le Général Hieu a tenu sa promesse.

Le même Capitaine Ai raconte en plus que lorsque l’Avant Poste de Commandement du 3è Corps d’Armée du Général Nguyen Vinh Nghi était envahi par les communistes du Nord à Phan Rang, il était en train de travailler dans le Centre d’Opération du 3è Corps d’Armée à Bien Hoa. Le Commandant Hung, un de ses copains, lui lance un appel radiophonique demandant de le secourir par hélicoptère, qui était le seul moyen d’échapper dans cette situation critique. Le Capitaine était à bout pour trouver un hélicoptère disponible. En dernier ressort, il tente sa chance en entrant dans le bureau du Général Hieu et lui explique la situation de son ami. Il est bien surpris lorsque ce dernier lui dit simplement de prendre son hélicoptère personnel pour aller secourir son ami!

Nguyen Van Tin
04 octobre 2005

generalhieu.com