La Bataille de Plei Me

Introduction

Pendant ces 39 années passées, l’histoire vietnamienne et l’histoire américaine ont fait mention et produit des films hollywoodiens la bataille historique de la Vallée d’Ia Drang, dans les hauts plateaux du Centre Vietnam en novembre 1965. Cependant personne n’a parlé et écrit en détailles la tactique faire semblant d’attaquer un avant-poste afin de détruire la colonne de secours employèe par les troupes nord communistes pour embuscader la colonne de secours de nos troupes, composée du 3è Escadron Blindé (plus tard renommé le 8è Régiment de Cavalerie Blindée) et du 21è Bataillon de Rangers qui agit comme la lance de fer dans l’opération de secours de l’avant-poste assiégé de Plei Me, 40 kms au sud de la Cité Plei Ku.

A l’époque, nos troupes tombent dans un piège plus grand établie par un régiment ANV attendant que la proie entre lentement dans la région du mort sur la Route Provinciale 6C conduisant de Plei Ku à Plei Me.

Cet article est base sur l’expérience personnelle de l’auteur et les contes des Rangers qui appartenaient au 21è Bataillon de Rangers encore vivants. A l’époque, ils étaient les chefs de peletons de différentes compagnies appartenant au 21è Bataillon, et ils étaient de jeunes officiers, récemment sortis de l’Académie Militaire Nationale de Dalat, 19è Promotion Nguyen Trai, et ils sont également des proches amis de l’auteur et ensemble nous avons survécu à travers la vie et la mort sur les champs de bataille bien connus du 2è Corps d’Armée, situé dans la cité avec le nom de Pleiku la bien-aimée aux joues roses et aux lèvres rouges dans le poème bien connu de Vu Huu Dinh qui a été mis dans un chanson par Pham Duy.

Les Forces Opposantes

Ennemi:

Le 32è Régiment ANV avec 3 Bataillons, 344è; 635è et 966è, avec le Commandant Ma Van Minh en tant que Commandant de Régiment.

Le 33è Régiment ANV du Lieutenant Colonel Nguyen Huu An comme commandant de l’ensemble. Un bataillon de mortiers de 60, 80 et 120 mm. Un bataillon d’artillerie anti-aérienne de 12.7 mm. Un bataillon de la H15è Force Locale.

Et le 66è Régiment ANV avec 3 Bataillons, 7è, 8è et 9è, commandé par le Lieutenant Colonel La Ngoc Chau en parcourt à travers la piste d’infiltration HCM.

Groupe A ARVN:

Le 3è Régiment Blindé (-) comprenant 12 M41 chars et 8 M113 véhicules blindés.

La 1è et la 2è Compagnies appartenant au 21è Bataillon de Rangers; certaines troupes éclaireures à pied; certaines troupes protectant les véhicules blindés (prenant place sur les chars M41 et les véhicules blindés M113).

Groupe B ARVN:

Le Poste de Commandement du 21è Bataillon de Rangers et la 4è Compagnies de Rangers suivant le Groupe A environ 2 kms en arrière sur l’axe d’avance, avec des véhicules militaires transportant des munitions, carburant et eau potable, avec le groupe de génie avec 21 véhicules blindés M113, 2 véhicules blindés RM8 armés avec des mitrailleuses de 30 mm et 2 Howitzers de 105 mm.

Groupe C ARVN:

Le 1er Bataillon d’Infanterie, appartenant au 42è Régiment venant de Kon Tum et Tan Canh et commandé par le Capitaine Ma Van Nong et prend une autre route que la Route Provinciale 6C prise par le 21è Bataillon de Rangers et l’Escadron Blindé.

Forces de Réserve: Le 22è Bataillon de Ragners sous le commandement du Capitaine Pham Van Phuc, stationné à l’aéroport Cu Hanh, Plei Ku, prête à intervenir par hélicoptère.

Scénario de la Bataille:

A 23 heures 30 le 19/10/1965, un bataillon du 33è Régiment ANV encercle et emploie des commandos et mortiers pour attaquer et bombarder incessamment et férocement le camp des Forces Spéciales de Plei Me. Ce camp est à 40 kms au sud de la cité Plei Ku. Les troupes du camp comprennent 12 conseillers américains, une équipe des Forces Spéciales ARVN et environ 300 montagnards du Groupe Irrégulier de Défense Civile (GIDC) avec leurs épouses et enfnts vivants à l’intérieur du camp. L’ennemi n’envahit pas le camp et a l’intention d’attirer et détruire la colonne de secours avant d’achever sa tâche d’occuper le camp Plei Me.

En plus, l’ennemi a positionné les mitrailleuses et l’artillerie anti-aérienne et les mortiers sur les sommets des collines autour du camp pour abatttre les avions.

De Plei Ku, avant le depart des troupes, j’ai vu l’un de nos avions de chasse Skyraider AIE abattu par les mitrailleuses de 12.7 mm anti-aériennes ennemies; le pilote a pu éjecter et son parachute orange suspend sur le ciel bleu au-dessus du camp Plei Me.

Nous savons que l’ennemi emploei encore une fois la tactique classique faire semblant d’attaquer un avant-poste afin de détruire la colonne de secours, cependant nos troupes n’ont pas d’autre choix et acceptent le défi de laisser l’ennemi choisir le champ de bataille.

La task force de secours du 2è Corps d’Armée sous le commandement du Général de Brigade Vinh Loc compren un Régiment de Cavalerie Blindée (-) avec une compagnie de chars de 12 M41s, une compagnie (-) de 8 M113s véhicules blindés sous le commandement du Lieutenant Colonel Nguyen Trong Luat. La task force est renforcée par le 21è Bataillon de Rangers, le 1er/42è Bataillon d’Infanterie, et 2 canons d’artillerie de 105 mm accompagnant la colonne de secours.

L’unité blindée et le 21è Bataillon de Rangers se rassemblent à Phu My, à la jonction de QL14 et Route Provinciale 6C pendant deux jours afin de rassembler les unités de soutien, de logistiques et d’artillerie et d’attendre que le 1er/42è Bataillon descende de Dak To et Tan Canh.

L’ennemi a étudié à fond les details de la portion de la route pendant longtemps avant de commencer la bataille. Il a choisi d’embuscader la colonne de secours au point où la route forme un coude où la tête de la colonne de secours pourrait ête bloquée. A cette location, le 32è Régiment ANV s’enterre dans des trous et bunkers camouflés.Une autre force composée par le 344è Bataillon ANV, appartenant au 32è Régiment ANV avec environ 300 soldats bloquerait l’arrière de la colonne de secours; en même temps, les forces de commandos ennemies se déploient sur les positions élévées (20-30m) avec une puissance de feu féroce des rockets anti-chars B40, mitrailleuses SKZ57, artillerie de 57 mm et d’innombrables fusilles AK47 des trous cachés visant à attaquer et annihiler nos forces principales.

L’ennemi emploie 2 bataillons appartenant au 33è Régiment et 2 bataillons au 32è Régiment comme principale poussée pour attaquer la colonne de secours. En plus, il maintient un bataillon appartenant au 32è Régiment comme forces de réserve.

1è Compagnie/21è Bataillon de Rangers prend le devant, commandée par le Lieutenant Vong Lap Dzenh, chef de compagnie. Le Sous Lieutenant Huynh Kim Tac, 19è Promotion de Dalat, chef de peleton du 1er Peleton/1è Compagnie/21è Bataillon de Rangers qui est en train de s’asseoir sur la tourrette d’un M41 saute par terre pour combattre et commander le peleton pour contre-attaquer férocement. En plus, la puissance de feu des mitrailleuses de 50 mm venant des véhicules blindés M113 et des canons anti-assaut en masse venant des chars M41 repoussent les attaques ennemies. Entre temps, le Sous Lieutenant Ngo Hoang Gia, 14è Promotion de Thu Duc, chef de peloton du 2è Peleton/1è Compagnie/21è Bataillon de Rangers qui se marche à pied le long des deux côtés de la route est également attaqué par un nombre supérieur de troupes ennemies qui émergent des trous camouflés du côté droit de l’axe d’avance, visant à détruire nos troupes. Le Sous Lieutenant Gia commande avec courage deux assauts de combat à mains, résolu à ne pas permettre à l’ennemi à avoir le dessus sur le champ de bataille. La 2è Compagnie de Rangers avec le Lieutenant Vo Vang, 17è Promotion de Dalat, en tant que chef de compagnie et moi, Sous Lieutenant Tran Quoc Canh, 19è Promotion de Dalat, chef de peleton, protège les chars M41 et marchent le long de la route unique menant à Plei Me.

Dès le début, l’avance de la colonne de secours est extrêmement lente parce que le peleton de tête du Sous Lieutenant Ngo Hoang Gia a dû marcher à pied pour chercher les deux côtés de la route.

Vers 15 heures, l’unité A en tête est en train de descendre du sommet d’une colline dans une vallée (ayant la forme d’un wok ou d’une selle de cheval), afin de grimper à une position élevée d’en face quand elle est attaquée par une force ennemie employant des mitrailleuses; cette unité ne peut pas ni se retirer ni avancer et est empêchée de déployer à droite ou à gauche par des arbres du forêt. L’ennemi émerge des trous et s’efforcent à envahir nos positions, mais a été arrêté par la puissance de feu venant des chars, employant des armes de destruction en masse et les mitrailleuses de 50 mm aussi bien que les forces de Rangers.

L’ennemi, des positions élevées au sommet de la colline, attaque et perce le flanc gauche de la 2è Compagnie de Rangers. Immédiatement, les rangers contre-attaquent, interdisant l’ennemi d’approcher les chars et les véhicules blindés. Entre temps, la puissance de feu des mitrailleuses de 50 mm sur les M113s et M41s repoussent simultanément les attaques consécutives de l’ennemi venant des sommets des collines et des trous camouflés le long de l’axe d’avance de la colonne de secours. Les armes anti-masse de 76 mm des chars M41 détruisent les trous et les bunkers immobiles fortifiés de l’ennemi. Les forces de Rangers et blindées du Groupe A ont neutralisé l’effort de détruire la colonne de secours par le 635è Bataillon/32è Régiment ANV.

Les unités du Groupe B suivent à l’arrière et sont commandées par le Commandant Le Van Tui, Commandant Adjoint de l’Escadron Blindé et le Capitaine Nguyen Van Sach, Commandant du 21è Bataillon de Rangers, et le Lieutenant Nguyen Van Huan, Sous Chef de la 4è Compagnie sous le commandement du Lieutenant Nguyen Thanh Banh, 16è Promotion de Dalat comme Chef de Compagnie et le Sous Lieutenant Nguyen Van Chinh, Sous Chef de la 3è Compagnie qui est la dernière unité en arrière. Le bataillon se défend férocement, puis manœuvre vers l’arrière pour préserver la force et se regrouper pour une défense de nuit à un villge avec des tunnels et bunkers abandonnés à 1 km derrière le lieu d’embuscade. Nos troupes repoussent plusieurs attaques lancées par les 344è et 944è Bataillons appartenant au 32è Régiment. Pendant toute la nuit, des fusées lumineuses sont larguées des avions Dakota C47 de l’AFVN au-dessus du village permettant à nos troupes d’observer la situation du côté ennemi aussi ben que du côté ami. A l’aube, l’ennemi se retire. Un inventaire montre que le Groupe B a perdu environ 2/3 des véhicules qui ont été détruits par B40, SKZ57 et l’artillerie de 75 mm dès le début de la bataille.

Pendant le combat, tandis qu’il fait encore jour, je regarde à l’arrière les troupes au sommet des collines et j’ai vu des panachés de fumée montant dans le ciel, entendu des coups de feu des armes légères au loin (2 kms), parce que je suis au fond de la vallée, et l’artillerie et canons explosant de près.

Formation des Positions de Défense

Après quoi, à la tombée de la nuit, je realize qu’il serait risqué de s’allonger le long de la route pour passer la nuit, car les positions de defense manquent de profondeur. En plus, si l’ennemi approche de près et s’interpose avec nos troupes, il serait difficile de discerner entre ennemi et ami, et soit que nos troupes tirent l’une contre l’autre, soit que l’ennemi (comme les sons des tirs de AK47 sont très forts, totalement différents de ceux des tirs de Carbine M1 qui sont plutôt faibles) lance seulement des grenades, alors il serait difficile de détecter leurs positions afin de réagir avec propos. C’est tout à fait un dilemme, les armes individuelles et les grenades ne peuvent pas être utiliser par peur de blesser les troupes amies et révéler nos positions, et ainsi nous devons baser sur la reconnaissance d’uniforme et l’emploi des bayonnettes pour le combat à corps pendant la nuit…

Le premier jour du combat, au couché du soleil, un groupe d’hélicoptères UH1B de l’US 1st Cavalry Division transportent le 22è Bataillon de Rangers conduit par le Capitaine Pham Van Phuc comme commandant de bataillon au flanc gauche, à 2 kms au sud de la route d’avance du 21è Bataillon de Rangers et 3è Escadron Blindé (vers la montagne Chu Ho). Parce qu’il fait déjà nuit, le 22è Bataillon de Rangers s’installe en positions de défense pour la nuit. Bien que l’ennemi peut être entendu se déplacer dans la nuit, le 22è Bataillon de Rangers n’engage pas avec l’ennemi parcequ’il est éloigné; seulement l’artillerie est appelé à entrer en action à la direction des mouvements de l ‘ennemi.

Le Sous Lieutenant Ngo Hoang Gia raconte ce qui suit:

Au début, lorsqu’il est embuscadé, le 2è Peleton/1è Compagnie/21è Bataillon de Rangers du Sous Lieutenant Ngo Hoang Gia se déploie tout de suite en position frontale et charge directement dans les positions ennemies pour un combat à corps; chaque ranger, y compris le soldat de radio est un combattant luttant à la ligne de front. Le combat à corps dure environ une heure lorsqu’il fait noir, limitant la vision et observatin des alentours. Le 2è Peleton continue à maintenir son déploiement et vers la nuit se rassemble en petits groupes, s’appuyant l’un contre l’autre ou contre les arbres pour se protéger. A l’aurore, une revue du peleton indique au Sous Lieutenant Ngo Hoang Gia que 2 combattants sont tués et 3 autres blessés.

A la 2è Compagnie de Rangers, j’essaie de contacter Vo Vang, son chef et les chefs des autres peletons afin de se regrouper; mais tous les efforts sont futiles car les ténèbres m’empêchent de les trouver. En plus, la tâche principale est de procurer la protection de près des chars. Mon immédiate réaction est de trouver l’officier blindé le plus proche. Je trouve l’Aspirant Tuyen, un beau gars et nous réussissons à rassembler les chars M41; nous prenons positions sur la pente gauche de la colline par rapport à l’axe d’avance des troupes, et organisons le périmètre de défense de nuit, avec 23 rangers. Pour faire place au positionement des troupes, éclaircir les zones de tir et faciliter l’observation des mouvements ennemis, les chars piétinent à plat les brousaille d’alentours. Les chars forment un cercle et les rangers creusent des trous entre 2 chars pour empêcher l’ennemi d’entrer à travers les espaces ouvertes. Tout le monde se tient en alerte dans les trous à travers la nuit, pointant les fusils vers l’extérieur, prêt à tirer à tout objet mouvant ou tout bruit causé par la friction avec les arbres et branches abattues d’alentour.

Incidents Insolites

Dans la nuit, entendant soudainement un homme en mouvement, un soldat blindé en garde sur la tourette élève sa voix: “Qui est-ce?” Sience…: “Qui est-ce?” encore une fois.

Il semble que l’ennemi est en train de monter de la route au sommet de la colline où les troupes stationnent. Je m’assoupis dans le trou avec mon homme de radio transportant un radio PRC-10, et m’enrage contre l’inexpérience démontrée par le soldat blindé.

Dans le silence macabre de la nuit, je crie à voix haute, plusieurs fois: “Tirez…Tirez …” et pourtant le soldat blindé refuse d’ouvrir feu. Puis j’entends l’ennemi crier à voix haute: “Force nombreuses…”, suivie par la puissance de feu de B40 ou B41, ensemble avec les fusilles automatiques AK47 et miltrailleuses venant de toutes directions. Seulement un moment après, nos mitrailleuses de 50 mm ouvrent feu et les 6 chars M41 commencent à démarrer leur moteur et se mettent en marche en avant et en arrière pour éviter les rockets anti-chars. Nous, les rangers assis dans les trous, n’ayant aucune peur des feux ennemis, mais craignant d’être écrasés par nos propres chars, sautons tous hors des trous, et nous déplaçcons à l’avant et à l’arrière en unisson avec nos chars.

Après l’escarmouche, quand le champ de bataille redevient calme de nouveau, nous sautons dans les trous, prêt à combattre… Après un moment, tandis que je m’assois à côté de mon homme de radio, je tourne mes yeux par-dessus mes épaules vers l’intérieur du périmètre de défense et j’aperçois un ombre indistingable (parce que je regarde vers le ciel du fond du trou, et les arbres et les brousailles ont été éclaircies le soir précédent) en train de tatoner son chemin le long d’un char au voisinage… J’élève ma voix tout juste pour qu’il m’entende: “Qui est-ce…?” Il répond: “Infanterie”, peut être c’est le signal par lequel l’ennemi se reconnaît la nuit. Je me rappelle qu’il y a un bataillon, appartenant au 42è Régiment Indépendant opérant conjointement avec nous; ce bataillon aurait suivi un autre groupe et je n’ai pas vu un fantassin de cette unité au cours de cette opération. Je pense qu’il se peut que cette unité ait été attaquée, et il se serait égaré au milieu de notre formation? Je lui dis: “Ici ce sont les rangers, pas l’infanterie, vas-t-en…!!! Il se hâte de répondre : “Oui, monsieur…” et fait demi-tour à l’intérieur du perimètre de defense.

Soudainement, il me vient à l’esprit qu’il ne serait pas capable de trouver son unite lorsqu’il fait si noir. Je l’interpelle: “Il fait trop noir, tu ne pourrais pas trouver ton unite, allonges-toi à côté de moi, tu chercheras ton unité à la levée du jour.” Il répond: “Oui, monsieur…” et s’allonge derrière mon dos. Je demeure encore dans le trou, pointant mon fusille vers l’extérieur. A l’époque, les rangers sont équippés avec le fusille automatique Carbine M2 (c’est piteux, car les rangers sont une force de réserve d’élite du Corps d’Armée).

Ce qui s’était passé est que pendant l’assaut, cet individu court à travers le perimètre de défense de nos troupes, s’est égaré et laissé derrière, tandis que ces camarades se sont échappés au-dehors. Touchant les chars et réalisant que c’est un camp de rangers, il tente de trouver un chemin entre les chars et se bute à nos troupes. S’allongeant pendant un moment, il se tient soudainement debout et grimpe pour sortir du trou. Je saute après lui, ma main gauche tenant ma Carbine, ma main droite le saisissant à la taille, au-dessus de ses deux mains. “Sacré bleu, une grenade!!!” Je suis ébahi par la vue. Il est en train d’ouvrir la grenade, mais n’en arrive pas peut être parce que ses mains tremblent trop. Récupérant mon sang-froid, je tiens ma Carbine loin de lui avec ma main gauche, tandis que je retiens sa main avec ma main droite, je le menace: “Si tu bouges, je vais tirer.” Je vroudrais bien mettre mon doigt sur le déclencheur afin de le tuer, mais comment pourrais je relâcher ma fusille afin d’atteindre le déclencheur. En outre, le dispositif de sûreté est encore en position fermée. Mon homme de radio qui est avec moi dans le même trou n’est pas au courant de la situation. Je l’appelle par son nom à voix basse, il sort du trou, et je lui dis: “Celui-ci est un VC, attache-le.” Il lui prend du temps pour trouver la rope pour attacher les deux armes derrière son dos et les deux pieds, et puis le déposer contre un char. A ce moment-là, je deviens une sentinelle avec l’œil regardant l’extérieur vers l’ennemi et un gardien surveillant un prisonier à l’intérieur. Seulement moi et mon homme de radio savent ceci et je ne le révèle à personne parce que ne sachant pas comment la bataille se dévélopperait, répandre la nouvelle pourrait causer de la panique à tout le monde, et ainsi ne profiterit personne. A l’aube, le solei n’ayant pas encore apparu, l’épais brouillard n’ayant pas encore dissipé, une de mes rangers marche vers moi, apparemment pour me chercher, et je lui montre du doigt le VC capturé s’allongeant là. Il prend un pas en arrière et s’écrie en panique: “Tuez le.” J’éclate en rire. Puis j’appelle l’Aspirant Lieutenant Tuyen de l’unité blindée qui émerge du sommet du char M41 et se glisse par terre. Je lui montre du doigth le VC capturé s’allongeant à côté du char. Il sursaute et s’écrie en panique: “Tuez-le...” parce que cet ennemi s’était couché à côté du char à travers la nuit sans qu’il soupçonne rien.

Au début, le prisonnier a très peur car tout le monde veut sa mort, mais il voit que je le traite avec gentillesse, lui donne à manger, à boire, à fumer (bien qu’il soit encore attaché), m’enquiers de sa condition, de sa famille… Je me souviens encore que son nom est Trung et son visage est radiant, souriant et il réponde avec sincérité à mes question parce qu’il sait qu’il ne sera pas mis à mort. Après quoi, il demande qu’on lui enlève la rope et promet qu’il ne s’enfuira jamais. Voyant qu’il est gentil, et digne de pitié, j’ordonne d’enlever la rope autout de ses pieds. J’ai été chanceux qu’il a perdu son fusille pendant le combat, autrement ma vie serait foutue, et je n’aurai pas la chance de vous raconter cette histoire.

Un autre anecdote est que dans mon radio PRC 10 se fait ententre une voix sarcastique, aïgue, incessante d’une dame du Nord appartenant à la Zone Militaire B3 (le commandement du camp secret): “Son Tay appelle Dong Dang, répond.” Tous sont les noms de code des lieux du Nord. Indisposé d’être subi par les appelles incessantes, en partie à cause de ma nature humoristique, en partie parce que je veux qu’elle s’en quitte les ondes de mon radio, je lui dise: “Dong Dang est mort depuis longtemps, ne l’appelle plus, cesse de me déranger…” Je crois qu’après avoir entendu cela, elle ne pourrait pas contenir de rire, mais l’ordre c’est l’ordre, she continue à appeler.

Esprit d’Equipe

Ce matin-là, j’envoie mes soldats aller à la recherche des armes de l’ennemi et des nôtres et de les mettre en tas et je fais savoir aux M113s de les amener avec le prisonnier car nous recevons l’ordre d’avancer de nouveau. Elles sont trop lourdes pour être transportées sur nos épaules le long de la route d’opération.

Entre temps, il y un anecdote qui est à la fois triste et hilarant. Nous avons un certain nombre de rangers morts en combat. Je donne l’ordre à un subordonné de mettre les cadavres dans des ponchos (employés comme imperméables et tentes). Peut être parce qu’il est un bleu, il n’ose pas touché les cadavres. Je le réprimande sévèrement: “Il ne te frappe pas, il ne te morde pas, qu’est ce as-tu à peur? Si tu ne prends pas soin de tes amis, tes co-équipiers, quand vient ton tour, personne ne prendra soin de toi…” Tes mots semblent raisonables à lui, et il accomplit sa tâche immédiatemen. Cela me fait à la fois sourire et triste… Les rangers vivent courageusement mais ne dure pas long; les balles évitent l’homme mais comment l’homme peut éviter les balles. Tout le monde meurt, tôt ou tard, mais pour vivre et mourir avec un sense and aimé de tout le monde est ce qui compte.

A l’aube, le reste des unités des trios Bataillons, 344è, 365è et 966è du 32è Régiment ANV abandonne le champ de bataille, se retire à leurs camps situés dans le Massif Chu Prong, près de la frontière cambodgienne. Les combattants gravement blessés sont transportés à un hôpital de campagne comprenant quelques bâtiments faits de troncs d’arbre et d’herbes élevées, situé environ 13 kms au sud ouest du camp Plei Me des Forces Spéciales.

Le matin du 25 octobre 1965, après avoir nettoyé le champ de bataille et évacué les combattants blessés, le 21è Bataillon de Rangers et les unités blindées de chars et de M113 avancent vers le camp Plei Me, balaient les alentours et mettent fin au siège établi par les troupes ANV.

Conclusion

Bien que moins nombreux que l’ennemi qui choisit le champ de bataille avec des armes meilleures, qui a le dessus au point de vue du choix du terrain pour embuscader la colonne de secours, nos troupes ont tout de même pu accomplir leur mission de secourir le camp Plei Me, et en faisant ainsi de briser le plan ennemi visant à couper les hauts plateaux en deux.

Trente ans après la bataille de Plei Me dans laquelle j’ai participé et 29 ans après l’Avril Noir, du fond de mon coeur je veux oublier toutes les tristesses de la guerre. Mais mon jeune frère m’encourage à écrire pour combler les lacunes et permettre à la génération future d’avoir une meilleure connaissance d’un aspect de la Guerre du Vietnam. Telles sont mes modestes contributions.

Tran Quoc Canh, Class 19
(extrait de Ða Hiệ, numéro 74è, 6/2005)

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