(Le Général Hieu, Commandant Adjoint/Opérations était le joueur derrière les coulisses qui avait conçu et exécuté cette bataille. Nguyen Van Tin)
La Bataille de Phuoc Long
(13 Décembre 1974 - 6 Janvier 1975)

Les cinq avant-postes sudvietnamiens dans la province de Phuoc Long étaient importants parce qu'ils s'étalaient de l'est à l'ouest et du nord au sud des lignes d'approvisionnement utilisées par l'ANV dans la région de Saigon. Tandis qu'ils constituaient une épine pour les communistes, leur emplacement les plaçait loin au nord de la ligne de défense principale du Sud Vietnam dans la 3ème Région Militaire. Les concentrations d'infanterie et des unités spéciales du COSVN, telles que la M-26ème Commande d'Armure, entouraient la position de l'ARVN des trois côté's. Les soldats gouvernementaux n'avaient comme leurs liens avec l'aide extérieure que la Route 14 au sud et le terrain d'aviation suffisamment grand pour permettre aux transports C-130 d'atterrir à la capitale de Phuoc Binh (aussi connue comme Song Be ou la ville de Phuong Long) presqu'au centre de la province et à peu près 110 kilomètres nord-est de la capitale nationale. Les forces d'avant-poste du gouvernement conservaient suffisamment de munitions pour une semaine de combat intense avant qu'elles auraient besoin d'ête ravitaillés.

Une semaine avant l'attaque de Phuoc Long , Tra frappait à l'ouest de Tay Ninh pour éloigner n'importe quelle réserve de l'ARVN de son principal champ de bataille. Cette action répondait à l'attente de l'ARVN et attirait leur attention loin de leur flanc est. Le 13 Décembre (la date prédite par l'assistant de Tra), la 7ème Division de B-2 et la 3ème Division récemment formée frappaient fort, capturant Bo Duc et Duc Phong le jour suivant. Don Luan, tenue par un bataillon de Force Régionale d'à peu près 340 hommes, survivait l'assaut initial, mais Route 14 au delà de la ville était fermée par les communistes. Les forces de l'ARVN à Phuoc Binh ont pu lancé une contreattaque vers Bo Duc, mais comme ils agissaient ainsi l'ANV frappait par derrière capturant la base de tir Bunard et ses quatre howitzers de 105mm. L'AFVN commençait des vols pour remplacer l'artillerie et pour transporter les civils hors du zone de combat, mais aussitôt l'artillerie de l'ANV détruisait un C-130, dédommageait un second, et fermait le terrain d'aviation à Phuoc Binh. Vers le 22 Décembre, le reste des garrisons de l'ARVN étaient découpées.

À Bien Hoa, le Commandant du 3ème Corps, le Général Du Quoc Dong, récemment nommé en Novembre pesait les attaques à Tay Ninh à l'ouest contre celles à Phuoc Long au nord-est. Avec ses unités principales véroulillées à leurs positions défensives, et les Divisions de Parachutiestes et de Marines, les réserves stratégiques de la nation, encore au 1er Corps, le Général Dong possédait seulement que quelques battaillons de renforcements. Dong décidait que ces unités devraient être sauvegardées pour défendre la ville plus importante de Tay Ninh, la clef de voûte de défense de Saigon. Il envoyait seulement un bataillon pour renforcer Phuoc Binh, une force plus petite que Tra avait anticipé.

Néanmoins, les implications de la perte d'une capitale provinciale, en particuler quand les Sudvietnamiens étaient déjà découragés par l'amoindrissement de l'aide et du support américains, n'avaient pas perdu du temps chez le Général Dong. Avec les réserves de son 3ème Corps vides, il coincait l'assistant des affairs de sécurité du Président Thieu, Dang Van Quang, et insistait que pour sauver Phuoc Long il aurait besoin d'au moins une part de la Division de Parachutistes qui était à ce moment déployée au nord de Da Nang.

La décision de Thieu devrait être bien agonisante. Toutes les faiblesses tactiques et logistiques de l'ARVN avaient finalement rattrapé avec la politique de non retraite du président. Soit qu'il déplaçait certaines de ses troupes étendues à l'extrême à Phuoc Long, ce qui endangerait la position militaire de la nation quelque part ailleurs, soit qu'il permettait la province de tomber, ce qui sapperait sa position politique. Dans cette occasion Thieu optait de préserver la situation militaire précaire autour de Saigon. Le seul groupe de Rangers Parachutistes restant dans la réserve de l'Etat Major Générale demeurait à Saigon et la Division de Parachutiste demeurait au 1er Corps. Selon le Colonel William Le Gro, l'officier en chef de l'intelligence américaine au Sud Vietnam, Thieu abandonnait Phuoc Long avec le prononcement que "Les Parachutistes n'étaient pas disponibles et il n'était en tout cas pas possible de les déplacer à temps."

Le noeud autour de Phuoc Bind s'était serré un peu plus quand l'ANV apportait les tanks et délivrait un barrage d'un millier de rounds d'artillerie le 26 Décembre pour vaincre la ville de Don Luan qui était défendue avec opiniâtreté. À la fin de ce jour il ne restait seulement que la garrison à Phuoc Binh. Comme les manoeuvres aboutissaient a` la bataille finale, les deux côtés décidaient de faire monter leurs enchères le 5 Janvier, l'Etat Major Général (EMG) se laissait fléchir suffisamment pour envoyer deux compagnies du 81ème Régiment de Rangers Parachutistes dans la lutte! Les 250 Rangers, bien entraînés dans les opérations de commandos, étaient héliportés tôt dans le jour et joignaient les survivants des autres unités dans la ville. Mais du côté opposé des lignes de bataille, Le Duan et le Politburo permettaient à Tra d'engager davantage des tanks T54 et des canons de 130mm.

Les tanks de marque soviétique étaient équippés avec des boucliers qui neutralisaient les effets des obus perçants l'armure. Comme un survivant décrivait le phénomène: "Les tanks ennemis avaient quelque chose de nouveau et étrange. Nos roquettes M-72 n'étaient pas capable de les détruire. Nous les touchons, ils s'arrêtent pour un moment puis continuent à avancer." Un autre combattant de l'ARVN, le Commandant Le Tan Dai, observait comme ses hommes, en dépit de la supériorité des forces de l'ANV de quatre-contre-un, grimper courageusement sur le dos des tanks afin de jeter des grenades à main à travers l'ouverture. Les défenseurs de Phuoc Binh détruisaient au moins seize tanks, mais beaucoup plus apparaissaient pour continuer l'attaque contre la ville. À minuit, avec tous leurs canons lourds et toutes les transmission détruits par l'artillerie de l'ANV et sous le tir direct des tanks communistes, une centaine de survivants des Rangers et des Forces Territoriales sortaient de leurs positions de défense et s'échappaient dans la jungle. Eventuellement 850 des 5400 soldats des différentes unités défendant Phuoc Long retournaient aux lignes gouvernementales.

Clark Dougan and David Fulghum
The Fall of the South
The Vietnam Experience
Boston Publishing Company.

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