Le Général Patton et son Homologue Le Général Hieu

Bon nombre de gens connaissent le Général George S. Patton, Jr., old blood and guts, comme étant le commandant de chars de la 3ème Armée. Il était un véritable ouragan qu'on ne pouvait arrêter: il portait deux pistolets des deux côtés de la hanche et a remporté le plus grand nombre de batailles pendant la 2ème Guerre Mondiale sans oublier ses jurons devenus anecdotique. Il est une figure légendaire, un héros pittoresque américain et un grand film hollywoodien bien reçu lui a été consacré ayant comme vedette l'acteur George C. Scott

Pourtant peu de gens jusqu'à récemment sont familiers avec son homologue tranquille du Sud-est Asiatique, le Général Nguyen Van Hieu, un patriote vietnamien, et un héros ignoré de l'ARVN.

Il n'y a pas de doute que Patton a été le plus grand général de la 2ème Guerre Mondiale et probablement des temps modernes--au moins au niveau de la connaissance et de l'accomplissement. Bien qu'il fut amiable avec ses collègues, tranquille et réservé dans ses pensées, le Général Hieu peut être considéré comme le stratège le plus doué qu'on puisse trouver du côté sud de la zone démilitarisé (bien qu'il ait été peu utilisé) et le général le plus fiable qui ait combattu dans la Guerre du Vietnam.

Hieu et Patton: ces deux généraux, l'un largement réputé et l'autre négligé, semblent à la première vue être totalement différent dans le style de leadership qu'on puisse imaginer. L'Est et l'Ouest ne se croisent jamais sur ce point-ci. Et pourtant après un examen approfondi, ces deux grands chefs se montrent très semblables dans la conduite de leurs commandements. En fait les similitudes entre ces deux grands soldats sont si frappantes--au point qu'on puisse affirmer que le Général Hieu aurait dû lire, étudier et apprendre par coeur le livre du Général Patton.

Toujours avide à étudier l'art de la guerre, Patton possédait une mémoire quasi-infaillible de l'histoire des batailles, une connaissance complète des manières et pensées de l'ennemi, et une compréhension intuitive, parfaite et sans pareille des routes et terrains (anciens et modernes) dans lequel la campagne offensive s'effectuerait.

Hieu, pour sa part, était sobre dans la délibération et pourtant décisif dans l'exécution, un officier d'état major accompli, maître des cartes et des briefings mais aussi un parfait tacticien sur le champ de bataille; étant polyglotte, il communiquait aisément avec les alliés, saisissant bien le plan général, en restant parfaitement clair et minutieux dans les détails, possédant également le don vis-à-vis de la technologie.

Tous les deux croyaient dans la vertu de la loyauté des troupes, en particulier du haut en bas.

"On parle beaucoup de la loyauté du bas en haut," écrit Patton, et du besoin des soldats à obéir leurs officiers. Pourtant: "La loyauté du haut en bas est bien plus nécessaire et bien moins répandue." (346)1

Le Général Hieu a expérimenté de sa propre personne cette amère vérité de près et à maintes reprises au cours de sa carrière militaire qui s'étendait à travers la Guerre du Vietnam dans les années1950, '60 et début '70.

Longeant le Mékong, Saigon la capitale du sud où les ficelles du pouvoir étaient localisées, peu importait qui avait la charge de la défense militaire, il se trouvait ici et là des cercles fermés de certaines promotions d'officiers fondé plutôt sur l'affiliation politique que sur le vrai talent et valeur; de telle sorte que ces initiés, même les plus incapables ont pu atteindre les plus hautes fonctions au commandement générale de l'ARVN. En fait, tel était la condition de la carrière d'officier dans l'ARVN en particulier après le meurtre du Président Diem et la montée en puissance des "Jeunes Turcs" extrémistes. La ruée folle des colonels en collusion avec les généraux de l'ARVN a mis en péril la démocratie pour arracher des mains de la vieille garde le sommet du pouvoir politique.

Cependant, Hieu était neutre et très semblable à Patton qui a été en plusieurs façons son modèle--tout son esprit et son énergie étaient dépensés à perfectionner sa dextérité dans les armements et à accomplir parfaitement ses devoirs militaires. L'une des qualités marquantes de Hieu, pour ceux qui le connaissaient a été son incorruptibilité, se comportant en bon officier et gentleman accompli, et il s'était conduit ainsi dans ses relations vis à vis les hauts gradés et les soldats. Il s'était honorablement distingué dans ce domaine.

Comme le Général Robert E. Lee qui portait le simple grade de colonel pendant toute la Guerre de sécession et consommait la même ration que les soldats, Hieu ne prenait jamais plus que la portion qui lui a été attribuée et ceci concerne toute autre provision. Il était impossible de le soudoyer.

Dans la victoire comme dans le retrait, Hieu était toujours là où il devait être, à temps, et dans un esprit combatif. Ce général ne permettrait jamais que ses hommes fussent mis en péril sans un bon plan de combat comportant une bonne chance de succès.

En tant que Ministre délégué à l'anticorruption, il n'a pas hésité de poursuivre les abus de pouvoirs jusqu'au niveau le plus élevé, même si cela mettrait sa carrière ou même sa vie en danger.

En tant que officier, il était hors norme, un modèle de perfection, comme il était un général à la fois compétent et incorruptible, humble dans son abnégation, pourtant extrêmement concret et efficace en stratégie et tactique, et toujours loyal dans la pratique.

Patriotes de la République du Sud Vietnam, vous avez le droit d'être fiers du Général de Division Nguyen Van Hieu.

Tous les combattants dignes de ce nom devraient le respecter.

Un Homme de Discipline

Dans l'art de la guerre il est important que la discipline et un esprit de corps soient maintenus à tout moment. L'absence de moral est quelque chose que l'ennemi est certain d'exploiter.

Le Général Hieu, en tant que commandant d'une division de combat, était un exemple remarquable du soldat discipliné. Il débordait des qualités de leadership et inspirait un sens de camaraderie parmi ses troupes. Toujours méticuleux dans son attention aux détails d'habillement, à la pratique des armes et à l'étude de toutes sortes d'armement.

Le Général Patton, old blood and guts, le plus grand chef d'Armée de la 2ème Guerre Mondiale, a compris plus que n'importe qui de la nécessité impérieuse disciplinaire de ses soldats. Comme il le prononce dans son livre, War as I Knew It, sur cette qualité indispensable pour gagner les batailles, il remarque que "Il y a une seule sorte de discipline -- la Discipline parfaite -- les hommes ne peuvent pas avoir une bonne discipline de combat et une pauvre discipline d'administration."

"La discipline," écrit Patton, "est basée sur la fierté dans le métier des armes, sur l'attention méticuleuse aux détails, et sur le respect et confiance mutuels. La discipline doit être une habitude si ancrée qu'elle est plus forte que l'excitation de la bataille ou la peur de la mort." (378)

"La discipline ne peut être obtenue que quand tous les officiers sont imbus de leur obligation sans borne envers leurs hommes et envers leur patrie au point qu'ils ne peuvent pas tolérer la négligence. Les officiers qui n'arrivent pas à corriger les erreurs sont sans valeurs en temps de paix et sont inadaptables dont dangereux en temps de guerre."

"Les officiers doivent s'imposer par l'exemple et par leur voix. Ils doivent être les plus en vue en matière de courage, d'attitude, et d'habillement." (379)

Dans la Guerre du Vietnam, l'idéal d'un tel officier parfaitement discipliné se représenterait justement dans la personne du Général de Division Nguyen Van Hieu dont "les bonnes qualités incluent le dévouement, l'expérience en tant que dirigeant de combat, la capacité de stimuler et de maintenir le moral, et la capacité de contrôler ses subordonnés." Selon John G. Hayes dans un rapport d'évaluation daté le 7 février 1970: Hieu "exige un niveau élevé de conduite et de discipline."

Et Colonel Nguyen Khuyen a écrit de lui: "Il était vraiment un Général compétent et en particulier incorruptible. L'image d'un Général jeune, beau mais simplement habillé."

En matière d'intelligence, réflexion rapide et vive - aucun autre dans le théâtre de la guerre n'était supérieur au Général Hieu.

Précisément cette qualité a été remarquée par Richard Tregaskis dans son livre Vietnam Dairy, 1963:

"Le Chef Adjoint vietnamien des Opérations dans la région de ce Corps, Commandant Nguyen Van Hieu, était un individu bien poli, mince, alerte.

En fait, le Général Hieu n'était pas seulement un soldat alerte, décisif et méthodique dans ses différents commandements à travers des années, mais il était également perspicace en stratégie, méticuleux en détail dans le planning d'une attaque. Un Lieutenant Colonel d'une unité de Génie a respectueusement dit de lui: "Vous pouvez duper d'autres généraux avec des détails techniques obscures et incompréhensibles afin d'éviter d'exécuter un ordre difficile, tel que construire un pont à travers un cours d'eau dans une zone occupée par l'ennemi, mais vous n'oseriez pas utiliser la même ruse avec le Général Hieu, parce qu'il maîtrise tous les détails, même les plus insoupçonnables techniques spécialisés, et que vous vous rendez compte qu'il ne donne jamais un ordre qui ne serait pas possible d'exécuter."

Le Général Hieu était courageux, sans peur dans l'adversité -- son courage et sa discipline personnelle face à l'ennemi était également bien connue. Pour réduire la tension, il avait l'habitude de plaisanter quand des balles ennemies touchaient l'hélicoptère dans lequel il était en train de survoler. Son propre pilote avait peur de sortir avec lui dans les vols d'inspection des champs de bataille.

C'était la discipline.

(à suivre)


James Miguez


1 George S. Patton, Jr. War as I Knew It: The Battle Memoirs of "Blood 'N Guts, Annotated by Colonel Paul D. Harkins, (bantam Books: 1980).

Révisé le 06.10.2003

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