Le IIè Corps Fait Face Aux Attaques des VC Dans Phu Bon, Pleiku and Kontum

[...] Les VC lâchent leurs régiments d'ANV nouvellement infiltrés dans une série d'attaques sur les cités des districts, avant-postes et camps des Forces Spéciales isolés. En conjonction avec ces attaques l'ennemi établit également des embuscades à grande échelle pour tenter d'éliminer les forces de réaction mobile d'ARVN sortant en mission de secours et d'en prendre le contrôle des districts entiers à l'intérieur des provinces de Kontum, Pleiku et Phu Bon.

La première série importante des attaques ennemies sur les troupes gouvernementales débute le 26 mai le long de la Route Nationale 7 dans le sud-est de la Province Phu Bon (voir carte). Evidemment elle vise à saisir le contrôle du District Phu Tuc. Cet engagement commence quand une unité VC attaque le village de Boun Mroc et refoule les troupes de la Force Milicienne locale. Quand la nouvelle de cette attaque atteint le chef de district de Phu Tuc, il envoie une de ses compagnies de la Force Régionale pour assister les sections de la Force Milicienne à reprendre le village. Tandis que la compagnie de la Force Régionale atteint Boun Mroc, elle subit un tir nourri ennemi et appelle pour des renforts. Une patrouille des Forces Spéciale (GDIC) dans le voisinage, du camp des Forces Spéciales Phu Tuc, se déplace pour assister la compagnie de la Force Régionale et subit également un feu nourri.

La patrouille ensuite fait appel au camp pour demander de l'assistance et une force de secours de GDIC est dépêchée. En route au village de Boun Mroc, l'unité de GDIC est embusquée et se retire vers le camp des Forces Spéciales. Le lieu d'embuscade effectivement coupe la route entre les forces amies aux abords de Boun Mroc et les forces gouvernementales à Phu Tuc. Le commandant de l'unité de la Force Régionale de nouveau fait appel au district par radio et demande de l'assistance, disant que la confiance de son unité a été ébranlée au point qu'il ne peut pas les faire bouger.

A ce moment le commandant du camp de GDIC et le chef de district font appel au chef de province de Phu Bon pour de l'assistance supplémentaire. Ce dernier à son tour demande de l'aide du quartier général de la 24è Zone Tactique Spéciale à Kontum. Les avions de combats sont immédiatement dépêchés pour frapper l'ennemi au lieu d'embuscade tandis que l'Eagle Flight du corps - une section de 36 Montagnards bien entraînés menée par un capitaine des Forces Spéciales et trois sous-officiers des Forces Spéciales - est dépêchée par hélicoptères de Pleiku pour renforcer les troupes amies isolées dans le voisinqge de Boun Mroc. Entre-temps, un plan d'attaque appelle pour un assaut coordonné pour être lancé par la compagnie de la Force Régionale à Boun Mroc vers Phu Tuc soutenue par les frappes aériennes, tandis que les troupes de GDIC dans Phu Tuc lancent une attaque limitée soutenue par le feu de mortiers contre la position VC bloquant la route. Le plan est exécuté sans faille. Les troupes VC se retirent en face des frappes aériennes et l'attaque à deux tronçons. Les forces gouvernementales se renouent près du lieu d'embuscade et puis se retirent dans les positions défensives à Phu Tuc.

La sécurité dans la Province de Phu Bon continue à se détériorer rapidement pendant les quelques jours suivants. Des rapports détectant des unités VC de la taille de compagnie et de bataillon affluent de tous les coins de la province. Ces unités VC arrêtent tout trafic, isolant complètement la capitale provinciale de Cheo Reo de ses cités de districts. Pour arrêter le déclin rapide du moral civil et paramilitaire, le commandant du IIè Corps ordonne le déploiement d'un bataillon du 40è Régiment par air à Cheo Reo pour renforcer la garnison de la Force Régionale et Milicienne locale.

Les VC ensuite frappent deux simultanés coups dans deux régions bien séparées au nord Kontum et sud Phu Bon comme ils attaquent deux ponts clés sur les routes entre les capitales provinciales et les cités reculées des districts (voir carte). Dans la Province de Kontum à 2300 heures du 28 mai, la garnison du pont clé à Pokaha rapporte qu'elle subit une attaque par environ un bataillon. Tôt contact avec l'avant-poste est perdu et il est présumé qu'il a été envahi. Une demie heure après le centre d'opérations tactiques du corps reçoit un rapport de la Province de Phu Bon qu'une attaque VC a été lancée contre l'unité de la Force Régionale gardant le pont Le Bac. La garnison gardant le pont ensuite rapporte que tandis qu'ils sont cloués par le feu des mortiers et des fusils sans recul 75 mm, une équipe de démolition VC fait exploser une charge sur le pont.

La perte de ces deux ponts est un coup lourd. Avec l'avant-poste du pont Pokaha à Kontum envahie et la région environnante saisie par les VC, les garnisons gouvernementales ravitaillées par la Route Nationale 14 à travers le nord ouest Kontum comprenant le camp des Forces Spéciales Dak Pok, la cité du district de Dak Sut et le camp d'entraînement des Forces Spéciales sont coupés de la capitale provinciale et doivent être ajoutés à la liste de plus en plus longue des régions à être ravitaillées par air. Dans la Province de Phu Bon le dommage sur le pont Le Bac sur la Route Nationale 7 et l'activité VC au sud est de Cheo Reo isolée dans cette région, forçant le camp des Forces Spéciales et la garnison du district à Phu Tuc à être également ravitaillés par air.

Les VC ensuite augmentent leur activité dans le District de Phu Tuc, refoulant les patrouilles et les avant-postes des villages environnants. Le chef de district envoie un autre appel pour des renforts au chef de province, soulignant qu'il est complètement encerclé et est dans une situation précaire à cause du moral déclinant des Forces Régionales et Miliciennes. Le 31 mai, en réponse de cet appel, le chef de province dépêche par air à Phu Tuc le bataillon qui a été envoyé de Kontum à Cheo Reo, espérant que cela aiderait à stabiliser la situation là. A l'arrivée au quartier du district, le bataillon se déplace immédiatement au nord du village Boun Mroc où il commence à nettoyer les VC de la région environnante.

Le troisième coup des VC en quatre jours tombe le 1 juin, cette fois à l'ouest de la Province de Pleiku (voir carte). Tôt le matin, avec une partie de fonctionnaires provinciaux et un groupe de fonctionnaires civils venant de Saïgon, le chef de province visite le quartier général du District de Le Thanh dans l'ouest Pleiku et ses centres de développement agraire environnants. Ces centres de développement agraire, établis par le gouvernement dans un effort d'élargir son contrôle et de progresser l'économie du haut-plateau, sont hauts sur l'agenda du gouvernement pour un soutien plus fort.

Le chef de province organise un convoi protégé par des éléments de ses Forces Régionales provinciales suffisamment forts pour protéger contre les francs-tireurs ou les petites forces de guérilla qui opèrent normalement dans la région. Le convoi se met en route tôt le premier jour de juin pour le quartier général du District de Le Thanh, 63 kilomètres à l'ouest de Pleiku. Peu après que cette partie quitte, le quartier général du Secteur Pleiku, qui a été incapable de réveiller le District de Le Thanh pour une vérification radiophonique routinière du matin, devient inquiétant et envoie un avion de reconnaissance pour essayer d'établir un contact par radio avec le quartier général du district. Incapable de contacter le quartier général du district, le pilote vole au-dessus de Le Thanh et découvre qu'il a été envahi par le VC et que le quartier général du district et les bâtiments environnants sont en ruines. Il appelle immédiatement le quartier général du Secteur Pleiku qui à son tour tente de relayer cette information par radio au chef de province. Malheureusement, le message n'arrive pas à être retransmis à temps et la partie du chef de province est embusquée par une grande force. La forte résistance initiale par les troupes de sécurité des Forces Régionales qui sont avec la colonne et l'héroïsme des soldats arrêtent l'attaque initiale des VC et gagnent du temps qui permet une série de frappes aériennes contre l'ennemi au lieu d'embuscade. (Dans cette action Commandant Bernard Dibbert, nouvellement nommé conseiller du secteur, est tué dans un assaut d'une position de mitrailleuse). Ces frappes aériennes infligent de lourdes pertes à l'ennemi et le prévient de surmonter les survivants de l'embuscade. Les feux ennemis ayant été temporairement supprimés par les frappes aériennes, quelques survivants du convoi sous le chef de province font demi-tour et essaient de retourner à Pleiku.

Apprenant la nouvelle de l'embuscade, l'Eagle Flight du Corps est immédiatement alertée et dépêchée par hélicoptères. Ils débarquent sur la route, secourant les survivants blessés. Le Secteur dépêche également une force de réaction pour nouer avec la portion du convoi retournant à Pleiku. Malheureusement, ces deux éléments rencontrent au milieu du col où les VC ont préparé une autre grande embuscade. Cette deuxième embuscade se referme, coinçant tous les deux éléments dans sa zone meurtrière. Tôt le feu des fusils sans recul 57 mm et des lance-roquettes des positions ennemies dans les collines font brûler les camions et disperser les survivants. Les hélicoptères armées du 52è Bataillon d'Aviation américaine, qui tentent de supprimer ces feux sur le convoi, viennent également sous le feu anti-aérien nourri et ont deux hélicoptères abattus.

L'Eagle Flight, et les survivants qu'ils ont secourus, rapportent que les troupes ennemies sont des forces régulières de l'ANV armées avec des copies chinoises de la nouvelle famille soviétique des armes de 7.62 mm. Confronté au nord Pleiku avec ces nouvelles forces de l'ANV, estimées d'au moins un régiment, le commandant du corps ordonne à la force de frappe de parachutistes de lancer immédiatement une opération pour reprendre le District de Le Thanh et pour regrouper les unités des Forces Régionales et Miliciennes qui ont été tenues en garnison au quartier général du district et aux centres de développement agraire et qui sont maintenant éparpillées dans la jungle par l'attaque VC. Cette opération se déroule sans heurt car les troupes d'ANV se retirent, refusant de combattre avec la force de frappe de parachutistes. Le quartier général du District de Le Thanh est repris. Les Forces Régionales et Miliciennes dispersées retournent - la plupart avec leurs armes - des jungles où elles se sont cachées des troupes d'ANV, et joignent la force de frappe de parachutistes.

Cette nouvelle preuve de l'infiltration intensifiée d'ANV qui ajoute un autre régiment dans l'ouest de Pleiku à ceux de la 325è Division déjà dans les hauts-plateaux, force le commandant du corps d'évaluer de nouveau sa force en vue des nombres rapidement montants de l'ennemi exposés pendant les phases débutantes de l'offensive de l'été. Le Général Vinh Loc décide qu'il devrait regrouper ses forces, d'abandonner le vieux District de Le Thanh et d'établir de nouveau un nouveau quartier général du district dans une région plus accessible aux renforts venant de Pleiku. A ce moment il est aussi décidé de tenir le camp des Forces Spéciales Duc Co à cause de sa position stratégique bloquant l'approche le long de la Route Nationale 19 de la frontière à Pleiku. Quelques troupes des Forces Régionales anciennement stationnées au District de Le Thanh sont ordonnées de renforcer Duc Co; le reste est retiré à Pleiku pour réorganisation et de recyclage. La force de frappe de parachutistes à Le Thanh est ensuite ordonnée de retourner à l'état de réserve mobile à Pleiku afin d'être prête pour opposer l'attaque ultérieure des VC.

La scène d'action se déplace au sud de la Province de Phu Bon où le bataillon du 40è Régiment est en train d'opérer dans le voisinage de Buon Mroc (voir carte). Le 3 juin ce bataillon lance une opération au nord ouest le long de la Route Nationale 7 dans le but d'éclaircir la route au pont Le Bac dans un effort de rétablir une ligne de communication terrestre avec la capitale provinciale. A mi-chemin au pont Le Bac, le bataillon est coincé et souffre de lourdes pertes dans une embuscade qui s'allonge à plusieurs kilomètres le long de la route. Les survivants du bataillon décimé sont finalement regroupés à Phu Tuc et sont plus tard évacués vers Cheo Reo par voie aérienne et intégrés dans les positions statiques de défense dans la capitale provinciale. Les survivants estiment que la force ennemie comme étant un régiment d'ANV également équipée avec des copies chinoises de la nouvelle famille soviétique d'armes d'infanterie.

Cette embuscade ennemie brise le dos de la résistance gouvernementale dans le district, et les forces paramilitaires restantes se retirent dans Phu Tuc. Complètement encerclés, le chef de district et le camp GDIC organisent des positions défensives au sein de la cité du district, y compris les bâtiments administratifs du district, le camp GDIC, et le terrain d'aviation. Même le ravitaillement par air devient difficile pendant les quelques semaines suivants comme les forces VC resserrent leur grippe sur Phu Tuc et établissent des positions près du terrain d'aviation d'où ils tirent sur les avions de ravitaillement.

Pour les quelques deux semaines suivantes de fréquents harcèlements à petite échelle continuent comme l'ennemi se regroupe pour la série ultérieur d'attaques. Le district suivant à être touché est le district isolé de la cité de Toumorong dans les montagnes au nord ouest de Kontum (voir carte). Cette attaque est lancée la nuit avec une telle force que l'unité des Forces Régionales défendant Toumorong est rapidement envahie et les défenseurs éparpillés. Malheureusement, le temps à ce moment-là est extrêmement mauvais et gêne la reconnaissance aérienne. Tandis que le quartier général de la province est en train d'essayer désespérément d'obtenir davantage de détails de l'attaque, les survivants retournent à compte-gouttes au District Dak To et Tan Canh avoisinant, siège du 42è Régiment d'ARVN. Les survivants indiquent que l'attaque a été bien planifiée et exécutée par une grande force. Les réfugiés également rapportent que des forces nombreuses d'ANV, estimées à deux bataillons, sont positionnées le long de la route à Toumoraong attendant pour embusquer la colonne de secours anticipée.

Comme ceci est l'un des districts qui ont été analysés comme étant d'une importance marginale pendant la réunion de stratégie tenue tôt printemps, le commandant du corps décide de ne pas lancer une force de réaction à ce moment. Il sent qu'il est plus important de conserver ses troupes pour faire face à l'attaque ennemie suivante dans des conditions plus favorables au point de vue de temps et de terrain, où il puisse utiliser sa mobilité d'hélicoptère et puissance de tirs supérieure à l'optimum. Cependant, des troupes sont mises en maneuvre comme si elles vont tenter une opération de secours. Cette ruse est désignée à causer les troupes d'ANV de rester dans leurs positions d'embuscade le long de la route. De lourdes frappes aériennes sont ensuite prévues non seulement contre la cité de district abandonnée et la 105è section qui a été envahie, mais aussi contre les lieux d'embuscade d'ANV le long de la route de Dak To à Toumorong.

Pendant cette même période, à l'ouest de Phu Bon, la sécurité se détériorer aussi rapidement (voir carte). Les VC augmentent leur pression sur la cité du district de Thuan Man, refoulant à l'intérieur de ses avant-postes. Les patrouilles isolent complètement la garnison de Cheo Reo. Vers fin juin le chef de district rapporte à la province qu'il est à court de nourriture et de munitions et il sent que sa garnison tomberait bientôt si elle n'est pas secourue. Manquant de troupes, le chef de province de nouveau fait appel à la 24è Zone Spéciale pour de l'assistance. Comme la 24è Zone Spéciale est déjà complètement engagée dans Kontum et Pleiku, ils à leur tour font appel au IIè Corps pour de ressources supplémentaires. Comme un résultat de cette requête, vers fin juin le corps dépêche une force de frappe de parachutistes à plusieurs bataillons renforcée par un bataillon d'infanterie de Cheo Reo. A cause de la gravité de la situation dans Thuan Man, le commandant de la force de frappe est ordonnée de lancer une opération qui porterait secours aux Forces Régionales isolées dans la cité du District de Than Man aussitôt que possible dès son arrivée dans Cheo Reo.

L'opération de secours est lancée par la force de frappe de parachutistes tôt 29 juin. La force de frappe progresse rapidement le premier jour, avançant sur le haut terrain des deux côtés de la route conduisant au quartier général du District de Thuan Man. Tard dans l'après-midi les bataillons de la force de frappe assurent la garde des positions défensives pour la nuit et se mettent en route de nouveau le matin du 30 juin. Le bataillon d'infanterie à la tête de la force de frappe rencontre bientôt la résistance lourde des positions ennemies en tranchées dans une crête transversale dominant la route au District de Thuan Man. A ce même temps les bataillons de parachutistes subissent le feu de lourds mortiers, de fusils sans recul et des petites armes. Ceci est suivi par de fortes attaques de VC des collines du nord et nord ouest qui frappent le flanc des forces amies. Une portion de l'attaque frappe le bataillon d'infanterie du 40è Régiment et pénètre entre ce dernier et la force de frappe de parachutistes. Cette attaque pousse le reste du bataillon d'infanterie au sud est. Un autre assaut vient du nord et repousse les troupes protégeant l'artillerie et les camions de ravitaillement. Vers ce moment l'artillerie est en train de jeter le feu direct contre les VC attaquants. Arrêtés par ce feu à bout portant, les VC ensuite versent des mortiers sur l'artillerie, mettant les camions de munitions à feu. Renouvelant l'attaque, ils envahissent l'artillerie et les camions de ravitaillement et coupent la route à Cheo Reo. L'affrontement tourne rapidement en une affaire de chiens et chats dans une espace cloisonnée comme les bataillons de la force de frappe de parachutistes combattent pour se relier et établir un périmètre défensif. Heureusement, le temps est clair et les avions de la Force de l'Air produisent une performance magnifique. Ils bombent et mitraillent le régiment VC attaquant si fort que l'assaut ralentit et les forces de l'ARVN peuvent finalement se relier et forment un périmètre défensif. Pendant le reste de l'après-midi la situation continue à s'empirer. La force de frappe rapporte qu'elle fait face à environ un régiment renforcé qui a encerclé les deux bataillons de parachutistes et les éléments du bataillon d'infanterie et les ont coupés de Cheo Reo. Après que la force de frappe de parachutistes établisse son périmètre défensif et se regroupe, ils envoient par radio qu'ils sont à court de munitions et ont besoin une évacuation médicale immédiate. Les tentatives de ravitailler la force de frappe et d'évacuer les blessés par hélicoptère échouent quand l'ennemi ouvre plusieurs sections de mitrailleuses anti-aériennes de 12.7 mm des positions sur les collines surmontant la force de frappe encerclée. Vers ce moment il fait déjà nuit et le combat lourd diminue.

La situation que le commandant du corps fait face est sombre. En plus du régiment VC rencontré pendant la bataille de la journée, les sources de renseignements indiquent qu'un second régiment ennemi est localisé au sud de Cheo Reo à une distance de renfort possible de l'engagement en cours. Le corps a engagé sa réserve mobile et ne pourrait faire disponible seulement une force de frappe de deux bataillons de Marine Corps d'ARVN pour renforcer les troupes engagées à l'ouest de Cheo Reo. En vue de la force ennemie en puissance, ceci n'est pas suffisant. Dans ces conditions, le commandant du corps, le Général Vinh Loc, fait appel à l'Etat Major Général pour des renforts supplémentaires de la Réserve Générale à Saïgon.

Maintenant le planning en cas d'urgence qui a été fait produit son fruit. La force de frappe de deux bataillons de Marine Corps est immédiatement transportée par hélicoptère à Cheo Reo, suivie par la Réserve Générale de parachutistes d'ARVN du quartier général et une autre force de frappe de parachutistes de Saïgon. Encouragée par la nouvelle qu'une force de frappe vietnamienne est encerclée et en danger d'être envahie, le déplacement des unités par les transports de troupes de l'U.S. Air Force pendant cette période est superbe. Ils transportent les troupes et les ravitaillements au terrain d'aviation de Cheo Reo en file continue, 24 heures sur 24. Les pilotes des avions en train d'être déchargés assument le contrôle du trafic jusqu'à ce que leurs avions soient vides. Quand les avions déchargés sont prêts à décoller la mission serait assumée par les pilotes suivants. Ceci continue à travers la nuit. Comme un résultat, tandis que les troupes de parachutistes sont encore en transport, la force de frappe de Marine Corps, le premier renfort à arriver, est capable de lancer une attaque le 1 juillet pour secourir la force de frappe encerclée. Le lien est achevé dans l'après-midi et les troupes se redistribuent pour l'engagement ultérieur du jour suivant.

Tard dans cet après-midi, le chef du District Thuan Man rapporte par radio que ses troupes ne pourraient pas tenir une autre nuit. Comme il est estimé qu'il prendrait au moins deux jours en plus pour que la colonne de secours atteigne Thuan Man, il est décidé de tenter d'évacuer les troupes par hélicoptère cet après-midi. La tentative échoue. Aussitôt que les hélicoptères de tête touchent le sol dans la zone d'atterrissage près des positions défensives du district, les VC versent du feu de mortiers nourri sur la zone d'atterrissage que les avions de combat de protection n'arrivent pas à supprimer. Heureusement, les hélicoptères de tête peuvent s'envoler sans morts. Le reste des hélicoptères doivent avorter la mission et retournent à Cheo Reo.

Quand il est notifié qu'il ne pourrait pas être évacué par air, le chef de district demande la permission de tenter de briser l'encerclement vers l'ouest. Cette opération est coordonnée à travers la 23è Division avec le camp GDIC à Boun Brieng. Le camp Boun Brieng est ordonné d'envoyer les troupes à l'est de la Route Nationale 14 pour fournir la sécurité pour l'arrivée de la garnison du District Thuan Man. Dans une tentative de décevoir les VC, les ordres sont envoyés clairement sur la radio à la garnison de tenir jusqu'à ce que la colonne de secours les atteigne le jour suivant. En plus, une série de frappes aériennes martèlent les positions VC pendant le soir. Des plans procurent également la protection par des bombardiers fusilleurs et des avions de combat tôt le matin le long de la route de fuite à l'écran de sécurité des troupes GDIC Boun Brieng. Elles retournent ensuite au camp GDIC à Boun Brieng et puis sont évacuées par Caribou de retour à Cheo Reo.

Après coup, ceci a été un engagement décisif dans Phu Bon. Des rapports de renseignement plus tard indiquent que le régiment VC a souffert des pertes tellement sévères pendant la bataille qu'ils ont été mis hors action pour le reste de la saison pluvieuse. Tandis que Cheo lui-même est sauvé, les VC ont acquis maints profits dans la Province Phu Bon pendant leur poussée d'un mois pour saisir la province. Les forces du gouvernement ont perdu non seulement tout le district de Thuan Man, mais la plupart des villages éparpillés à travers la province. Vers fin juin, dans Phu Bon l'ARVN détient seulement la région immédiate entourant la capitale provinciale et ses deux cités restantes du district.

Le 7 juillet, les VC se tournent de nouveau au nord de la Province de Kontum où la cité du district de Dak To devient la cible (voir carte). L'attaque contre le quartier général du district Dak To, seulement à quelques kilomètres de la garnison du 24è Régiment à Tan Canh est également lancée à minuit. Elle commence avec un assaut soudain sur les bunkers et les positions du périmètre protégeant les bâtiments administratifs du quartier général du district. Tôt après que l'attaque soit lancée, la garnison des Forces Régionales, dont le moral a été ébranlé de la perte de Toumorong et des réussites VC récentes au nord de Kontum, abandonnent les défenses du périmètre et s'enfuient vers la protection de la garnison du 42è Régiment à Tan Canh.

Le 42è Régiment est immédiatement alerté et son commandant, Lieutenant Colonel Lai Van Chu, un des commandants de régiment exceptionnels de l'Armée Vietnamienne, prépare à reprendre la cité du district tôt le matin suivant. Comme le régiment sort de la garnison, il rencontre un barrage routier VC seulement à deux kilomètres de son camp et est simultanément attaqué du flanc. Bien que le 42è Régiment souffre seulement quelques morts pendant l'action, l'effet cumulatif est sérieux. Colonel Chu est sérieusement blessé, aussi bien que son chef conseiller, Commandant John R. Black. Comme la nouvelle se propage à travers les compagnies que le commandant de régiment a été blessé, le régiment commence à se retirer à Tan Canh. La mort du Colonel Chu cet après-midi cause le moral du régiment, qui a été bâti autour de son leadership charismatique, plonge sensiblement.

Quand le commandant du corps s'envole à la région pour évaluer la situation, il voit qu'une action drastique est requise pour arrêter le déclin rapide dans le moral causé par cette série de défaites. Il décide que ces troupes ont besoin un commandant expérimenté et dynamique pour être en charge. Il ordonne immédiatement Colonel Dam Van Qui, ancien commandant de la Zone Spéciale de Binh Lam, au nord de Kontum pour être en charge. L'ancien chef conseiller du Colonel Qui, Lieutenant Colonel Thomas Perkins, est également ordonné à Kontum pour le rejoindre. Il est espéré que cette équipe qui a travaillé si bien dans la Zone Spéciale de Binh Lam pourrait rétablir la situation dans Kontum. Il renforce également Tan Canh avec un bataillon de Rangers et une force de frappe de Marine Corps de deux bataillons. Colonel Qui immédiatement ébauche un plan pour reprendre Dak To et lance une attaque pendant les premières heures du matin. En face de cette forte attaque, les VC battent en retraite et la cité du district de Dak To est récupérée.

Colonel Theodore Mataxis
Extract de VC Summer Monsoon Offensive [May 1966]
(Vietnam Center Archive)

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