Attaque et Contre-Attaque sur la Route Nationale 19

En 1965 les communistes nordvietnamiens lance une campagne dans le but de couper le Vietnam en deux et de vaincre l'Armée du Vietnam (ARVN) dans une guerre ouverte.

Pendant l'offensive hiver-printemps de 1964-1965 les Viet Cong se tournaient vers les hauts-plateaux du centre Vietnam. La force de l'attaque VC à An Lao au nord de la Province de Binh Dinh en Décembre indiquait que les VC étaient préparés à accélérer le tempo des activités des actions de guérilla à petite échelle à une guerre mobile. Dans cette action ils opéraient au niveau de régiment ou de force d'assaut d'au moins trois ou quatre bataillons. Les VC tenaient leur terrain et ne se retiraient que sous une pression forte de l'Armée du Vietnam. Ceci constitue un changement de leur pratique précédente d'attaquer en petits groupes et d'embusquer, se retirant dès que les troupes d'ARVN approchent.

Puis en février, simultanément avec les attaques sur les logements du groupe des conseillers du IIè Corps et le champ d'aviation du 52è Bataillon d'Aviation à Pleiku, les VC lançaient une série d'assauts à grande-échelle au nord de la Province de Binh Dinh. Ces attaques avaient pour but de saisir le contrôle de la section entière nord de la province, et ils avaient réussi. Ils envahissaient plusieurs positions de l'ARVN et de la force de régiment et saisissaient la portion nord de la Province de Binh Dinh, refoulant les forces restantes de l'ARVN dans des enclaves isolées à Bong Son et Phu My qui ont dû être approvisionnées par voie aérienne. Cette action était suivie rapidement par une opération au centre de Binh Dinh pour couper la Route Nationale 19, la route principale de ravitaillement entre le port principal dans la région (Qui Nhon) et les hauts-plateaux. Si réussies, ces attaques isoleraient les provinces des hauts-plateaux de Kontum et Pleiku. Coupées des approvisionnements par voie routière, elles devraient se dépendre seulement par voie aérienne pour le ravitaillement. Ceci affaiblirait davantage la morale et mettrait les VC dans une position excellente pour une offensive ultérieure, pendant la saison pluvieuse, contre Kontum et Pleiku.

Il est intéressant de voir comment les Viet Cong conservent la capacité des leurs maîtres et prédécesseurs, les communistes Viet Minh, qui consiste à déplacer leurs attaques rapidement de secteur en secteur en soutien d'un plan général. Il est aussi significatif de noter comment la mobilité des jambes, alors qu'elle soit assez bonne pour être de taille à lutter contre les chars et camions français, rencontre de la difficulté pour faire face à la mobilité des hélicoptères et de la puissance de tir des forces de l'ARVN d'aujourd'hui.

La première tentative sérieuse par les VC durant 1965 d'harceler la Route Nationale 19 a été lancée le 14 février. Cette stratégie a été anticipée par le commandant du IIè Corps (le Général de Brigade Nguyen Huu Co) en décembre 1964, après la bataille d'An Lao. Le commandant du IIè Corps est un commandant de combat expérimenté avec une entente intuitive des tactiques communistes résultant d'une carrière riche en commandement militaire pendant les 20 années de guerre au Vietnam. En décembre, quand les attaques étaient faites contre An Lao et des mouvements de VC se multipliaient pointaient à l'activité future dans la partie nord des régions de Binh Dinh, il commença à fortifier les positions le long de la route principale de ravitaillement entre Qui Nhon et Pleiku. Il expliquait: "Ceci est juste comme la compagne hiver-printemps 1954 des Viet Minh. Ils frapperaient dans les plaines au nord de Binh Dinh pour nous forcer à précipiter nos réserves vers la région littorale. Une fois ceci fait, ils essaieront ensuite de couper la Route Nationale 19 et d'isoler les hauts-plateaux. Cette fois nous serons prêts pour eux."

Pour consolider ses forces, déjà étendues très minces sur toute la région du IIè Corps - la plus large région de corps au Vietnam, comprenant presque 50 pourcent de toute la superficie du pays - il prend l'action suivante: Plusieurs compagnies du Groupe de Défense Irrégulière de Civils (GDIC) seront déployées en deux camps le long de la Route Nationale 19. (Les compagnies de GDIC sont formées parmi la population locale et entraînées par les Forces Spéciales. Dans la région des hauts-plateaux les compagnies de GDIC sont formées parmi les différents tribus montagnards.) Ensuite, plusieurs bataillons d'infanterie qui ont été liés aux missions de sécurité statique sont libérés de cette mission et sont assignés de nouveau en tant que des réserves mobiles. Il ordonne également à son état major de préparer des plans pour cette éventualité. Les zones d'atterrissage des hélicoptères et les pistes d'envol sont rénovées et les munitions, l'essence et carburant, et les autres approvisionnements sont emmaganisés dans les lieux-clé. Simultanément avec ces préparatifs, les réserves mobiles sont entraînées dans les techniques de mouvement par hélicoptères et par avions de transport, Caribous aussi bien que C-123s. Ces préparatifs finis, la scène est montée pour la phase suivante de l'offensive hiver-printemps des VC.

Le premier coup par les Viet Cong, dirigé contre la Route Nationale 19, tombe sur une compagnie affaiblie de la Force Régionale se déplaçant de Pleiku aux positions dans le Col Mang Yang. Cette compagnie est embusquée à l'ouest du Col Mang Yang et subit plusieurs pertes. Dans cette attaque l'ennemi est armé avec des copies chinoises de la dernière famille d'armements d'infanterie soviétiques: fusilles SKS, fusilles d'assaut AK, et mitrailleuse légère RPD, aussi bien qu'une copie du nouveau lance-roquettes soviétique RPG-2. Ceci constitue la première preuve concrète qu'une nouvelle unité est en opération dans la région. Les ordres sont donnés d'intensifier l'activité des forces amies le long de la Route Nationale 19, et les unités de GDIC dans la région augmentent leurs patrouilles de combat et commencent à opérer en unités de la taille de compagnie.

Le 20 février les VC lancent tous leurs efforts pour saisir la Route Nationale 19 pour isoler les hauts-plateaux. En tout premier lieu ils frappent sur un avant-poste de GDIC, Forward Operational Base No.1 (FOB1), à l'est du Col Mang Yang. (Sketch 1). Les forces du GDIC à An Khe répond immédiatement et envoie une compagnie de GDIC come une force de réaction. Comme cette compagnie approche l'avant-poste, elle trébuche dans une embuscade qu'elle disperse par un assaut de front qui cause aux VC de briser et de s'enfuir, abandonnant armements et morts sur le lieu. La compagnie de GDIC ensuite s'avance vers l'avant-poste où elle rassemble les forces amies dispersées et y passe la nuit. Le jour suivant, comme la compagnie est sur le chemin de retour au camp de base, elle est de nouveau embusquée, et ses véhicules sont assommés par des roquettes anti-char RPG. Cette fois les Viet Cong réussissent et la compagnie de GDIC souffre de grosses pertes. En apprenant cette embuscade, la compagnie de GDIC en alerte à An Khe est dépêchée à son secours. Comme la compagnie en alerte approche le lieu d'embuscade elle est stoppée par un barrage routier et subit un feu de mortiers de 82 mm qui détruit le véhicule de tête et cause plusieurs morts. En danger d'être encerclée et abattue par le feu de mortiers, la compagnie se retire vers An Khe.

Des plans sont ensuite préparés par le C Detachment à Pleiku pour une compagnie de GDIC de Soui Doi, un camp à l'ouest du Col Mang Yang, de se déplacer de l'est en descendant sur la Route Nationale 19 tandis que les forces à An Khe poussent vers l'ouest (Sketch 2). Ces opérations sont désignées pour presser les VC de deux directions. Des arrangements sont faits pour avoir une section de GDIC d'Eagle Flight héliportée prête à être transportée en soutien de la compagnie de Soui Doi. Egalement en alerte en tant que secours en cas de besoin est la réserve de Corps, un bataillon de rangers.

Comme la compagnie de GDIC Soui Doi approche le lieu où le Groupe Mobile français a été embusqué et détruit en 1954, leurs camions sont aussi atteints par les roquettes anti-char RPG qui littéralement font exploser les camions en pièces. Ceci est suivi par un assaut furieux des VC. La compagnie succombe, mais les survivants finalement arrivent à percer une sortie et retournent au Col Mang Yang. Ils sont soutenus par les hélicoptères armés et avions de chasse A-1E qui ont été en formation pour couvrir une telle éventualité. Les survivants de GDIC rapportent qu'ils ont été attaqués par des vagues de Viet Cong qui lancent des grenades et sont armés avec de nouveaux armements. Ils rapportent qu'après qu'ils soient à court de munitions ils emploient des couteaux, baïonnettes et grenades dans un combat de mains à mains qui suit l'embuscade. Une indication de la férocité de cette mêlée était la nature des blessures. Un soldat de GDIC a le mollet de sa jambe percé par un coup de dents.

En entendant l'embuscade, la section Eagle Flight est immédiatement lancée et débarque à l'est du lieu dans un effort de mettre une pression sur l'arrière des VC et mettre en déroute l'embuscade. Cette tentative échoue parce que les VC sont trop forts et leur feu de tir immobilise Eagle Flight.

Eagle Flight est très tôt renforcée par une compagnie de rangers héliportée qui se joint à lui. Ils rencontrent un feu de tir acharné et après avoir soufferts plusieurs morts, établissent un périmètre de défense pour la nuit. Par ce temps-ci il fait déjà nuit et le reste du bataillon de rangers ne peut plus être héliporté dans la région, mais est transporté par avion Caribous au terrain d'aviation d'An Khe. Le jour suivant Eagle Flight et la compagnie de rangers saisissent le lieu d'embuscade et appellent les hélicoptères pour évacuer les blessés. Parmi les blessés se trouve un bébé de neuf mois, le seul survivant d'un bus rempli de civils en route de Qui Nhon à Pleiku qui ont été massacrés par les Viet Cong à l'emplacement d'embuscade. La compagnie de rangers et Eagle Flight au lieu d'embuscade commencent à se diriger vers l'est le long de la Route Nationale 19, mais à cause des grandes forces de Viet Cong dans la région, sont ordonnées de se rallier avec un avant-poste de GDIC (FOB2) et de défendre la région jusqu'à l'arrivée d'une force de secours.

Le bataillon de rangers au terrain d'aviation d'An Khe est ordonné de lancer une attaque de bataillon vers le bas de la Route Nationale 19 vers l'ouest et de se rallier avec les troupes de l'ARVN maintenant isolées à FOB2.

Le bataillon de rangers donnent l'assaut vers l'ouest de la Route Nationale 19 le matin du 23 février avec la mission de nettoyer la route et de se rallier avec les troupes de l'ARVN isolées à FOB2. Initialement les rangers avancent rapidement contre une résistance faible, découvrant les camions détruits au lieu où la compagnie de GDIC d'An Khe a été embusquée. Tôt après, cependant, ils rencontrent une position forte et en solides tranchées de Viet Cong. Ensuite ils se regroupent et lancent une attaque coordonnée mais sont stoppés courts avec des pertes humaines lourdes.

Les Viet Cong contre-attaquent à leur tour, soutenus par le feu de mortiers nourri, ce qui fait que le bataillon de rangers se retire lentement vers An Khe.

En ce moment-ci le chef d'état major du Corps (Colonel Hieu) et le chef conseiller du Corps volent en reconnaissance la région pour clarifier la situation pour le commandant du Corps. Ils trouvent que les troupes de VC sont en force de bataillon, bien équipées, et ont mis en pratique les tactiques conventionnelles d'infanterie de tir-et-déplacement. En addition, les VC ont été bien entraînés dans les techniques de feu anti-aérien contre les hélicoptères de combat. Ceux qui sont sous le feu direct chercheraient à se couvrir, mais ceux des côtés flancs continueraient à tirer sur les hélicoptères. La reconnaissance détermine que l'effort des VC de saisir la Vallée d'An Khe est suscité par un large nombre de troupes de Viet Cong endurcis. En apprenant ceci le Général Co, commandant du IIè Corps, immédiatement appelle pour de renforcement des unités de la réserve générale à Saïgon et ordonne à ses troupes de défendre An Khe.

Le problème majeur immédiat est le nombre de 220 combattants encerclés à FOB2 du Groupe de Défense Irrégulière de Civils. Il est senti que s'ils ne sont pas secourus ils seraient tôt envahis. Le Général Co immédiatement approuve un plan de les soutirer par hélicoptère, et le plan est expédié. C'est une opération délicate car les unités piégées sont complètement encerclées par les VC et les hélicoptères seraient extrêmement vulnérables au feu d'armes légères pendant l'atterrissage et l'envol. En addition, si la zone d'atterrissage elle-même vient sous le feu de mortiers nourri, il pourrait résulter des pertes sérieuses et une situation chaotique. Un plan est ébauché et approuvé par le Général Westmoreland d'employer pour la première fois des avions de réaction en soutien des opérations au Vietnam.

Le plan demande l'emploi des jets américains aux flancs des hélicoptères pour procurer des feux de suppression en mitraillant et en bombardant tandis que les hélicoptères armés volent aux flancs immédiats des hélicoptères élancés. Ce plan - essayant de coordonner des hélicoptères, F-100s et avions de chasse A-1E et bombardiers B-57, tous de différentes vitesses et caractéristiques, en une opération unique intégrée - requiert un planning judicieux et une exécution extrêmement précise. Heureusement tout s'est déroulé comme par magie. Presque sans incident, les 220 combattants de l'ARVN et de GDIC sont soutirés en trois envols dans l'après-midi du 24 février. Pendant le dernier envol les hélicoptères commencent à rencontrer le feu de mortiers et le feu des armes légères près de la zone d'atterrissage, mais heureusement seulement un hélicoptère est atteint et un homme est blessé. Les hélicoptères de l'Aviation de Terre, soutenus par les jets de l'Air Force, prouvent leur versatilité en ajoutant un nouveau type d'opération à leur liste déjà impressionnant d'accomplissements au Vietnam. Si cette action ait eu lieu en 1954, les hommes isolés dans la vallée auraient été perdus comme l'a été le Groupe Mobile quand il était encerclé dans la même région. Cette fois, cependant, les hélicoptères et les jets prouvent être un facteur additionnel qui tourne la table contre les Viet Cong. Environ ce moment les renforcements de la brigade de parachutistes de la réserve générale sont en train d'être versés sur le terrain d'aviation d'An Khe. La force de frappe de parachutistes opèrent rapidement la reconnaissance et lancent une attaque contre le bataillon de VC qui a repoussé le bataillon de rangers, et l'a abattu sévèrement. Il est estimé que les VC ont perdu plus de 200 dans ce contact. Ils sont punis si méchamment qu'ils abandonnent beaucoup d'armements et de cadavres sur le champ de bataille.

Battus le long de la Route Nationale 19, les VC essaient par la suite d'envahir le camp des Forces Spéciales à Kannak. Ce camp au nord de la Route Nationale 19, et son camp jumelle au sud de la Route Nationale 19 à Plei Ta Nangh, ont été placés dans la Vallée d'An Khe en tant qu'avant-postes pour la Route Nationale 19. Bien qu'ils soient incapables de stopper l'infiltration des unités pour attaquer la Route Nationale 19, ils menacent l'arrière des unités des Viet Congs opérant le long de la route nationale. Ils sont particulièrement une menace dangereuse pour les Viet Cong au point de vue de ravitaillement et d'évacuation des blessés de ces contacts le long des routes nationales.

Les VC lancent leur attaque sur le camp des Forces Spéciales à Kannak à 1h50 le 8 mars. Des documents capturés indiquent que des éléments de deux bataillons participent. Ils attaquent en une action sanglante qui rappelle le combat amère de l'avant-poste en Corée à Pork Chop, T-Bone and Old Baldy au printemps 1953. Les deux petits avant-postes du camp sont initialement envahis. L'un des deux est repris plus tard par une contre-attaque par le GDIC. La partie centrale du camp tient ferme et les Viet Cong sont refoulés dans un désordre complet. Ils laissent 126 morts dans les fils barbelés et dans les positions de l'avant-poste qu'ils ont pu pénétrer. En plus aux plusieurs nouveaux armements y compris des mitrailleuses, des fusils sans recul 57 mm, des bipodes de deux mortiers 82 mm et plusieurs grenades, des torpilles bangalores et des charges de démolition sont abandonnés par les VC battus et désorganisés. Cette action finalement brise le dos de la première phase de l'offensive hiver-printemps des Viet Cong.

L'offensive des Viet Cong réglée, le commandant du IIè Corps lance par la suite une contre-offensive de plusieurs phases. Ces opérations sont désignées pour rouvrir la Route Nationale 19 en premier lieu et la Route Nationale 1 en deuxième lieu. La première phase de l'attaque du Corps nettoie les VC des approches à la route nationale dans la Vallée d'An Khe et bientôt la Route Nationale 19 est ouverte aux camions civils transportant les approvisionnements bien nécessaires pour les hauts-plateaux.

La phase suivante, une offensive pour rouvrir la Route Nationale 1, est lancée par la 22è Division. Son objectif est de nettoyer les Viet Cong de la portion nord de la Province de Binh Dinh qu'ils ont saisie pendant leur offensive de février. La première tâche est de lier avec la garnison isolée à Phu My et réparer la route et les ponts qui ont été gravement endommagés par les VC. Une fois la route réparée à Phu My, une attaque est lancée au nord de Phu My et au sud de Bong Son, dans le but de nettoyer les VC de la Route Nationale 1 et de secourir la garnison à Bong Son qui a été également encerclée et a dû être ravitaillée par voie aérienne depuis l'attaque des VC tôt février. Ces deux attaques sont lancées en coordination avec une troisième force, héliportée pour établir une tête de pont aérien à mi-chemin entre Bong Son et Phu My. Cette attaque avance rapidement contre une résistance faible de l'ennemi, et la route à Bong Son est bientôt ouverte de nouveau. Quand la Route Nationale 1 est ouverte entre Bong Son et Qui Nhon, le trafic civil commence à rouler et les réfugiés commencent à retourner aux hameaux et au contrôle du gouvernement.

Une fois Bong Son en sécurité, le planning commence pour la dernière et la plus difficile phase de l'opération. Le District de Hoai Nhon de 125.000 personnes est vital au plan des VC pour contrôler la Province de Binh Dinh. Il est senti que les VC réagiraient fortement pour prévenir l'ARVM de récupérer le district. Le 2è Régiment Viet Cong d'au moins quatre bataillons s'est retiré en face de l'attaque de la 22è Division des montagnes à l'ouest de la Route Nationale 1. Comme cette attaque est désignée pour nettoyer les VC de la Route Nationale 1 jusqu'à la limite du Corps, le Général Co (commandant du IIè Corps) et le conseiller chef du Corps visitent Danang (le quartier général du Ier Corps) et coordonnent cette phase de l'attaque avec le commandant du Ier Corps et son état major. Des plans détaillés sont également préparés pour le soutien d'artillerie et aérien à basse altitude.

Cette dernière phase de l'offensive de la Route Nationale est commencée le 10 avril avec l'assaut par deux bataillons d'hélicoptères pour établir une tête de pont aérien à Vinh Thuy, près de la frontière du Ier Corps. Ceci est coordonné avec une attaque par terre au nord de Bong Son et aussi soutenue par une opération par le Ier Corps qui contrôle les hauts lieux dominant la Route Nationale 1 à la frontière des deux corps. Cet assaut par hélicoptère et l'attaque de Bong Son (nord) au début ne rencontrent qu'une résistance éparpillée.

Après le nettoyage de la zone de débarquement contre une opposition légère les deux bataillons de Marines Corps se séparent et commencent à nettoyer les hameaux le long de la Route Nationale 1. Ceci est ce que les VC ont attendu. La nuit du 21 avril, cinq jours après l'assaut par hélicoptères, le 2è Régiment Viet Cong lancent une attaque avec une force estimée de trois à quatre bataillons, désignée à détruire le bataillon de Marines qui se trouve à l'extrême sud. Si réussie, cette attaque détruirait le bataillon, couperait la Route Nationale 1, et isolerait le bataillon de Marine et son artillerie au nord. Heureusement, les marines sont en alerte, bien en tranchés, et tiennent leur terrain. Soutenus par artillerie, ils écrasent complètement l'attaque des VC, l'ennemi se retirant et laissant plus de 200 cadavres sur le champ de bataille avec une centaine d'armements, y compris des mitrailleuses, des fusils sans recule, et des mortiers. Comme les VC se retirent vers l'ouest, ils subissent le tir des avions de chasse et souffrent davantage de morts. La nuit suivante les VC lancent une attaque de taille d'un bataillon dans le but de couvrir le retrait général vers la région de base de leur force gravement abattue avec beaucoup de morts et de blessés. Cette action réussie brise le dos de résistance par la force principale Viet Cong dans la région, et la 22è division et les marines continuent le nettoyage contre les forces VC locales et guérilla qui demeurent à l'arrière.

En préparation du round suivant, l'Armée des forces vietnamiennes expédient leur reconsolidation de la région. Ils réparent la route, réorganisent les cadres gouvernementaux du village, et commencent à ré-traîner et réorganiser les unités de la Force Populaire et Régionale dans un effort de rétablir le contrôle civil dans la région. La phase initiale de l'offensive Viet Cong a été vaincue. Cependant, la saison pluvieuse approche, les VC sont capables de renforcer leurs unités avec des nouveaux bataillons et régiments de l'Armée du Peuple Vietnamienne (Nord) du Nord Vietnam et d'attaquer de nouveau, cette fois en plus grand nombre.

La leçon apprise la plus impressionnante durant cette période est l'importance du facteur moral - cet impondérable dans les opérations militaires trop souvent ignoré par les analystes de recherche des opérations imbus d'informatique d'aujourd'hui dans leurs jeux de guerres et études. Initialement vaincus et refoulés par l'offensive VC qui a été menée par de nouvelles unités infiltrées du Nord, le moral des troupes de l'ARVN baisse jusqu'à un point gravement bas vers mi-février 1965. En ce moment les frappes aériennes américaines au Nord Vietnam et la libération des jets pour soutenir les combats locaux - notée dans le sauvetage réussi de 220 combattants piégés de l'ARVN sur la Route Nationale 19 - donne une injection dans le bras au moral des forces armées du Sud Vietnam. L'envoi des marines américains du Président Johnson à Danang est regardé comme étant une preuve finale de notre ferme détermination d'épauler le gouvernement du Sud Vietnam dans sa lutte pour retenir sa liberté. La contre-offensive réussie de l'Armée du Vietnam qui suit et la réouverture des Routes Nationales 19 et 1 soulèvent davantage le moral.

Dispersés et refoulés dans leurs bases dans les montagnes et jungles, la démarche suivante dépend des VC. Avec l'approche de la saison de mousson, ils ont la capacité de renforcement massif avec davantage de troupes provenant du Nord. Une fois préparés, ils pourraient frapper de nouveau, sous le couvert des orages de pluie anticipés tard mai ou tôt juin dans les hauts-plateaux. Cependant quoi qu'ils fassent, les VC feront face avec les unités de l'ARVN dont le moral a été soulevé par les victoires récentes et la conviction que les VC peuvent être stoppés sur le champ de bataille. Comme le Général Co dit, "La démarche suivante dépend des VC. Nous les avons vaincus dans une guerre ouverte. Ils doivent maintenant faire le choix de retourner à la guérilla ou introduire des nouvelles forces de l'APVN afin de regagner une supériorité en nombres. S'ils font ceci, la guerre entrera dans une phase nouvelle."

Colonel Theodore C. Mataxis
Army, October 1965

(Vietnam Center Archive)

generalhieu.com