En vérifiant avec le Corps ce matin, j'ai trouvé que la dernière opération
d'amphibie, commençant le samedi dernier, a bien plus réussi que la série
d'assauts dans le passé opérés par les hélicoptères de la Marine le 5 octobre.
Cette fois, selon le Commandant Wagner, conseiller américain des opérations
au 1er Corps, l'ARVN a découvert quelques dépôts de ravitaillement appartenant
aux VC et ont tué près de là trois VC, capturé deux prisonniers, et découvert
deux pièges de grenades qui n'ont pas heureusement détonés. Dans la bataille
dans ce voisinage, un des troupes de l'ARVN a été blessé et un de nos fusilles
automatiques a été capturé par les VC.
[...]
Le Commandant Wagner m'a introduit au Chef Adjoint vietnamien des
Opérations dans la région de ce Corps, Commandant Nguyen Van
Hieu, un
individu bien poli, mince, alerte que Wagner, m'a caractérisé en
particulier comme étant "très doué". Le chef vietnamien des opérations parle
hautement du programme des hameaux stratégiques: "Dans chaque région tactique,
l'Armée est responsable du soutien, fils barbelés, et armements, et nous
sommes en train de faire du progrès. Les élections se déroulent dans plusieurs
hameaux stratégiques."
[...]
[pp 132-133]
Jeudi, 8 novembre:
Ce matin dans la chambre d'attente j'ai découvert par l'intermédiaire d'OOD
(Officier de Départ) Joe Baranowski qu'il n'y pas grand-chose à propos des
missions à accomplir: "Il y a beaucoup de petites missions...certaines de
ravitaillement, un groupe de cinq avions allant à Mang Buk et s'arrêtant à
Quang Ngai, où il y a également un chargement d'un cargo de 4.000 lbs et
quatre passagers dans la région des mines de charbon, et deux avions allant à
Miet Xa avec passagers et cargaison."
Je retourne aux barraques et commence à parler à Rathbun du sujet favori
des officiers: comment notre côté peut gagner cette guerre. Il dit, "Une des
choses principales est qu'on doit avoir le soutien de la population, nous
devons faire ça." Je lui dis qu'au quartier général, Wagner et son homologue,
Nguyen Van Hieu, sont en train d'essayer de s'en débarasser des
avant-postes statiques et inutils et de convertir des troupes en réserve
mobile. Je lui dis également que Wagner a suggéré qu'il préfère avoir trois ou
quatre compagnies d'hélicoptères dans ce Corps au lieu d'une seule. J'ai
également fait mention que les stratèges de bas écheleon au Club O ont parlé
d'un concept de station de bombiers avec une Force Tigre prêt à agir en tout
temps avec des hélicoptères.
[...]
[pp 137-138]
Airmobility 1961-1967 par Le Général John Tolson (1972) The
Peak Year 1967
La vaste région de l'opération Pershing a été confiée à une seule brigade
bien insuffisante pendant cette période. J'étais bien content d'avoir dépensé
beaucoup de temps travaillant avec la 22ème Division de l'ARVN dans les
tactiques de mobilité aérienne, car la 22ème, sous la commande bien capable du
colonel Nguyen Van Hieu, devrait assumer la responsabilité principale dans la
province de Binh Dinh pour un long temps.
55 Days - The Fall of South Vietnam par Alan Dawson (1975)
Digging A Last Ditch.
Bien que la bataille de Saïgon ait été en cours, la plupart des gens ne
s'en rend compte seulement que le 9 avril, le jour après le bombardement du
palais de Thieu. Quand ils se sont rendus compte, Saïgon est en tumulte. Thieu
n'a pas encore nommé son nouveau cabinet. L'ancien joue le rôle de
gouvernement intérim. Enragé par l'attaque à son palais et par la manque de
riposte, Thieu a donné l'ordre d'arrêter le commandant de l'armée de l'air de
Tan Son Nhut, puis le relâche à peine quelques heures plus tard. Le Commandant
Adjoint du 3ème Corp de la région autour de Saïgon, le Général à deux étoiles
Nguyen Van Hieu, est mort. La rumeur est qu'il s'est suicidé
dans son bureau à Bien Hoa à la suite d'une dispute avec son supérieur, le
Général à trois étoiles Nguyen Van Toan, au sujet de la défense de la région
de la capitale.
[...]
[p 233]
Certain History - How Hanoi won the war par Denis Warner (1978)
[...]
Grâce à mon ami Bui Anh Tuan, j'ai été introduit à la fraternité Dai Viet
qui dirigeait le gouvernement civil au Tonkin. En principe, le Dai Viet était
un parti clandestin, avec ses membres jurés à un secret absolu, à peine,
litéralement, de mort. Quand elle détenait l'autorité, cependant, le parti,
agissant en commun avec les groupes politiques partout, aimait à avoir ses
hommes tout gouverner. Nguyen Van Huong était Dai Viet, chef de la Sureté et
un ami. Il était de taille petite, très fier de son brilliant fils
aîné.
[en bas de page] Vingt-deux ans plus tard le fils, le Général de
Division Nguyen Van Hieu, était le commandant adjoint de la 3ème
Région Militaire au Sud Vietnam. La nuit avant que le Nord Vietnam ouvre
l'attaque pour Saïgon, il était tiré et tué à son bureau dans le quartier
général à Bien Hoa. Bui Anh Tuan empruntait la jeep du Général Tran Van Don et
nous étions allés ensemble à la chapelle où son corps gisait pour donner une
enveloppe contenant de l'argent, une coutume du pays, à sa veuve. J'ai parlé à
Huong par téléphone, mais ne l'ai pas vu de nouveau.
[Huong] était consterné par ce qui se passait au Tonkin. Navarre,
disait-il, avait tort sur les intentions du Viet Minh au Laos. Ces derniers
n'avaient pas l'intention de capturer ni la capitale royale de Luang Prabang,
ni Vientiane, la capitale administrative. Ils ont envahi Laos pour des raisons
psychologiques et ont laissé derrière assez d'hommes dans la province de Sam
Neua seulement pour établir un 'gouvernement'. Mais dans Hanoi même, le Viet
Minh a une armée clandestine, avec des comités de bases déjà organisés, des
gardes régionales et 5.000 policiers prêts à faire surface au moment
approprié.
[...]
[pp 93-94]
[...] Dans les deux semaines suivants il y avait des rumeurs répétées d'un
coup. Tard une nuit, je reçois un coup de téléphone dans ma chambre au
Continental de la part d'un officier d'état major de l'Etat Major Général qui
me dit que le coup est en cours et que je pourrais avec sécurité écrire que Ky
prendrait le pourvoir avant matin. Mon contact était tellement fiable que je
sortais du lit et commençait à rédiger l'histoire. Puis, après une seconde
considération (ou ne voulant pas faire face aux troupes dans la rue sans un
laissez-passer de couvre-feux), je la déchirais et retournais au lit. Ce qui
était plutôt mieux.
Ky a eu, en fait, un plan d'un coup, utilisant l'armée de l'air, les
parachutistes, et les forces spéciales. Il a retenu sa main à la dernière
minute seulement parce qu'il croyait que l'Ambassadeur Martin était d'accord
de faire pression à Thieu de démissionner. Que le Général Hieu,
le commandant adjoint de la 3ème Région Militaire (la ligne de front de
Saïgon) était impliqué dans ces plans d'un coup je ne le sais pas, mais le
soir du 7 avril, il a été tiré et tué dans son bureau à Bien Hoa. Selon le
Général Dung, son meurtrier était le loyaliste de Thieu et le supérieur
immédiat de Hieu, le commandant de la 3ème Région Militaire, le Général
Nguyen Van Toan.
Précisément à 8h22 le matin suivant, quand la rue Catinat était pleine
d'activités, un avion F5E à la forme d'une flèche, piloté par Lieutenant
Nguyen Thanh Trung, de l'Armée de l'Air du Sud Vietnam, sillonnait au-dessus
de la ville et s'enfonçait sur le palais présidentiel.
[...]
[p 197]
Fall Of South Vietnam: Statements by Vietnamese Military and Civilian
Leaders par Stephen T. Hosmer, Konrad Kellen et Brian M. Jenkins
(1980)
Je [Général Tran Van Don] étais contre la Vietnamisation...Je vais raconter
tout juste une histoire. J'ai visité certaines troupes au champ de bataille
pour chercher à comprendre le programme de la Vietnamisation de la guerre...
Cela se passait au quartier général de la 5ème Division. J'ai discuté le
problème avec le commandant de la division, le Général Nguyen Van
Hieu, le plus honnête général, et le plus capable, aussi. J'ai été
surpris par sa réponse qui a ouvert mes yeux. Je lui ai demandé, 'Que
pensez-vous de la Vietnamisation?' Il m'a dit, 'Il est impossible de la mettre
en pratique.' 'Pourquoi?' Il a dit, 'La 5ème Division couvre une région où il
y avait deux autres divisions américaines, et maintenant avec le départ de ces
deux divisions américaines j'ai seulement ma division pour couvrir la région
entière. J'ai trois régiments pour cette région et dois utiliser un régiment
pour remplacer une division. Comment puis-je faire face à l'ennemi dans cette
condition? Je suis devenu plus faible.' Il a l'air déçu. J'ai été surpris; il
étais un homme tranquille, un homme poli, et il a essayé son mieux. Mais il a
dit que c'était impossible. 'Comment puis je couvrir une plus grande région
avec moins de troupes?' Ainsi la Vietnamisation de la guerre signifie que nous
sommes devenus plus faibles.
[p. 36]
Jour J+ par Hoang Khoi Phong (1988)
[21 avril 1975]
[...] Thieu, Ky, Khiem, Vien et plusieurs autres..."fameux généraux", ont
répandu le sang de la population du Sud Vietnam partout sur les montagnes et
les collines, les rizières, les rivières et les canaux. Pourquoi devrait-on
apprécier et sauvegarder du sang? On devrait tirer toutes les munitions d'obus
de 105mm afin que madame Khiem puisse obtenir les carcasses d'obus pour les
vendre au Japon; on devrait protéger à tout prix les tombeaux impériaux
anciens du Sud Vietnam, afin que madame Thieu puisse collectionner les
antiquités de nos ancêtres; du sang devrait être répandu à profusion pour être
digne de la réputation de Vien, un fameux général versé à la fois dans les
domaines académique et militaire, qui est au pinnacle de la hiérarchie
militaire, qui se tient au milieu de la lutte du pouvoir politique, Vien est
honnête, bien que oui, mais que dire de madame Vien? N'est-elle pas en train
de patronner des proches acolytes? Ne sont-ils à l'entrée de la porte de
derrière de son villa officiel?
[...] C'est tout naturel que nous aboutissons à la situation présente: dans
tous mes douze ans dans le service militatire, je n'ai pas encore rencontré un
commandant que je respecte dans mon coeur, au bout de ma langue. L'armée est
formée d'un groupe large, et pourtant dans mon unité, une unité qui renforce
la discipline militaire et la bonne conduite et la justice; notre unité
détient la discipline qui constitue la force d'une armée, je dois admettre
avec tristesse que pendant tous ces douze ans j'ai seulement rencontré tout
juste trois individus honnêtes qui sont qualifiés à être des commandants
décents. C'est dommage que l'honnêteté n'est pas suffisant dans cette guerre.
Il ne manque pas de sang parmi nous. Je m'adresse à vous tous, les "fameux
généraux" du Sud Vietnam, vous, Thieu, Khiem, Ky, Vien, Quang, Toan et les
autres fameux généraux. Avez vous fait attention à cette déclaration: "Un
général atteint le pinnacle au détriment de millions de squelettes
desséchées." Pourquoi devriez-vous faire attention, n'est-ce pas? En outre,
vous n'aviez pas attaqué les forteresses, vous les défendiez seulement. À
cause de la posture défensive de ces derniers dix ans, des millions de
squelettes se sont desséchées. Et quand les forteresses tombent, vous ne vous
souciez que de sauvegarder votre vie; vous ne pouvez pas amener avec vous vos
maisons, vos villas, les tombeaux de vos ancêtres, vous les laissez derrière
sans trop de soucis parce que vous avez de plus belles maisons quelque part
ailleurs; vos baggages sont très compacts, vous ne vous dérangez même pas de
faire un show en ramassant une poignée de terre comme le général Khanh a une
fois fait.
Thieu annonce sa démission et l'armée gagnera un autre combattant, un autre
"fameux général". Et que dire des autres "fameux généraux"? Ceux qui ont été
loués par la presse comme étant des généraux honnêtes, comme Thang, Chinh,
Truong, où êtes-vous? Les larbins du général Toan ont déjà envoyé le général
Hieu, un autre général honnête, à sa destination de repos
permanent en la compagnie du général Thanh. Le général Phu est confiné dans un
lit d'hôpital, mais où sont Thanh, Chinh, Khang, Truong? Vous devriez vous
montrer à ce moment pour prévenir la déchirure de l'armée. Vous n'êtes pas des
commandants, colonels, vous êtes des généraux; même si l'armée vous a
maltraités, vous avez atteint le rang de général, mais alors est-ce que
l'armée vous a maltraités? Khang était un lieutenant colonel en 63, en 67 bien
que moins de pouvoir en mains a atteint le rang de général de corps; pourquoi
laissez-vous Ky courir par-ci par-là sans lui prêter une main en ce moment"?
Ky est un général qui parle grand mais n'accomplit rien, pas aussi astucieux
que Thieu, pas aussi gourmand que Quang, pas aussi corrompu que Toan.
Le marché économique du Viet Nam était contrôlé par les Chinois, et par
conséquent l'expansion du Fond d'Epargne Militaire pourrait entrer en
collusion avec leurs intérêts. Les magnats chinois étaient très astucieux dans
leurs efforts de soudoyer ceux qui détenaient le pouvoir pour gagner des
faveurs, en découvrant et satisfaisant leurs appétits, y compris en les
invitant d'aller en voyage à l'étranger. Le leader des magnats chinois était
Ly Long Than, connu comme étant le conseiller financier de Thieu et de Khiem.
Je sais pour sûr qu'ils étaient bons amis mais ne suis pas certain de son rôle
de financier. Les Américains étaient également opposés au Fond d'Epargne
Militaire et voulaient le dissoudre parce qu'il déduisait le salaire des
soldats sans les avoir préalablement consulté. De son côté, le gouvernement
soupçonnait de la corruption parmi les gérants du Fond; par conséquent Nguyen
Van Thieu confiait au vice président Tran Van Huong la tâche de former une
commission d'enquête. Cette commission était composée de Tran Khanh Van qui
voulait se faire un nom, mais il y avait aussi le Général Nguyen Van
Hieu qui était franc.
[page 394]
Tears Before The Rain - An oral history of the fall of South Vietnam
par Larry Engelmann (1990)
(Chapter XV) Colonel Le
Khac Ly - "Only I am Left To Tell You The Story"
[...]
Quand j'arrive à Saïgon, Phu se trouvait déjà là. Je rentre à la maison. Le
jour suivant, du sang apparaît dans mon urine et je ne me sens pas bien. Je
vais voir mon doctor et il me donne quelques médicaments et m'ordonne de me
reposer. Je vais au travil quand même.
J'essaie de renouer contact avec le Général Phu au sujet de quoi faire. Et
la première chose qu'il me dit, est, "Ly, on nous a trahis!" je dis, "Par
qui?" Il dit, "Par Thieu. Thieu nous a tendu un piège. Il rejette tout sur
nous. Il dit que tout est de notre faute." Phu veut préparer un rapport pour
prouver que ce n'était pas notre faute et décrire comment nous avons conduit
l'opération, pourquoi nous n'avons pas repris Ban Me Thuot, et pourquoi nous
nous sommes battus en retrait.
Ainsi je prépare un très épais rapport pour Phu.
Je visite Phu et le Général Ngo Quang Truong (commandant de la 1ère Région
Militaire), qui est maintenant à l'hôpital. Truong m'embrasse et pleure. Il
dit, "Ly, nous avons tout perdu." Bien sûr, Truong aime son pays, et ses
troupes, et son 1er Corps. Et maintenant tout a disparu.
Quand je revois Phu il est en colère. C'est la première fois que je l'ai vu
aussi fâché contre le Président. Après que j'ai préparé le rapport pour lui,
il le signe, et le dernier jour je vais voir le Général Khuyen et lui fais
envoyer le rapport à Thieu et Cao Van Vien. Je ne revois ou n'entends jamais
plus parler de ce rapport. Je demande au Général Khuyen, "Que devons-nous
faire dans la suite? Avons nous tout perdu?" Il dit, "Non. Nous redéploierons
et marquerons la ligne, et vous récupérerez le 2ème Corps." Mais je me suis
dis, je pense que ce général ne dit pas la vérité. La vérité est que
maintenant nous ne sommes pas capables de faire ça. Si vous m'avez dit ça
quand j'étais encore à Pleiku, alors je pourrais le faire. Mais à ce moment
même je n'ai personne sous ma commande. Il n'y pas d'armée pour moi. Et
l'ennemi est partout. Il me demande, "Si vous êtes à ma place, que
feriez-vous?" Mon grand choc est que je ne puis pas penser aucune solution à
notre problème à ce moment.
Quand je retourne à la maison, ma femme et moi nous entendons les avions
décolés chaque nuit, et nous savons que le DAO est en train de faire sortir
les gens, et beaucoup d'informations nous sont parvenues chaque jour nous
révélant qui sont en train de quitter. Je vais voir un de mes amis, le
commandant de la 2ème Division. Lui et moi, nous essayons de réorganiser la
22ème et la 23ème Divisions et de rallier les hommes.
Puis soudainement j'ai entendu la nouvelle que tout est perdu. Et je rends
visite à mon cher et bon ancien commandant, le Général Hieu, qui
est un officier vraiment honnête dans l'Armée. Je lui demande sur le sujet de
la situation dans la 3ème Région Militaire. Il dit que nous devons réorganiser
et essayer de bloquer les avances des chars ennemis. Et quelques jours après
il a été tué.
[pp 231-232]
Jean Cassaigne, la lèpre & Dieu par Louis & Madeleine
Raillon (1993)
À Saïgon, début 1972, on apprend que Mgr Cassaigne est très malade. Le
temps s'est écoulé. Depuis dix-sept ans, la fidélité de l'ancien évêque au
service des exclus, les plus déshérités qui soient, est ressentie comme un
exemple hors du commun.
Le vice-président de la République, M. Tran Van Huong prend l'initiative de
lui conférer l'Ordre National du Viet Nam, avec le titre d'officier. On
pressent le Père Dozance, Supérieur régional des Missions Etrangères à Saïgon,
qui se rend à Di Linh, auprès de Mgr Cassaigne.
Très fatigué, celui-ci objecte d'un air las:
- Mon plus grand désir est d'être oublié, vous le savez bien, oublié!
[...]
- Les décorations!... Je ne tiens plus debout! Leur avez-vous décrit mon
état de santé?
- Oui, répond le Père Dozance. Ils viendront vous voir, tout simplement.
Ainsi, le 12
avril 1972, à neuf heures et demie, entrent dans la chambre de Mgr
Cassaigne, le général Nguyen Van Hieu, assistant à la
vice-présidence de la République, le Lieutenant Colonel, chef de la Province
de Lam Dong, ainsi que le Père Dozance et le Père Quang, curé de Di Linh. M.
Nguyen Thach Van, secrétaire d'Etat, se penche sur le lit du malade, procède à
la remise de la décoration. Très ému, Mgr Cassaigne remercie chacune des
personnes présentes. Il ne souhaitait pas être décoré. On est trop bon pour
lui.
- Je remercie M. le Vice Président, avec le coeur d'un missionnaire. En
reconnaissance, je ne peux que prier, prier pour le Vietnam, ce que je fais
tous les jours; pour le Vietnam, où je vis depuis 48 ans et que j'aime chaque
jour davantage. Le Vietnam est ma patrie. Dieu l'a voulu ainsi. Mon rêve va
bientôt s'accomplir: j'ai tenu, j'ai souffert ici, je vais mourir et veux être
enterré auprès de mes enfants, au Pays montagnard.
[pp 263-264]
The Hidden History of the Vietnam War par John Prados (1995)
Profile: Generals and Politics in South Vietnam.
[...]
Cinq des hommes qui ont monté au rang de général dans l'ARVN sont nés en
dehors du Vietnam. Ils incluent Cao Van Vien, un commandant de corps et
longtemps chef de l'Etat Major Général vietnamien, qui est né au Laos. Deux
généraux, Tran Van Don et Le Van Kim, sont nés en France. Coïncidentellement,
ou peut être pas, Don et Kim sont devenus beaux-frères, et tous deux ont été
les principaux organisateurs du coup d'état en novembre 1963 qui a renversé
Ngo Dinh Diem.
Un général de l'ARVN Nguyen Van Hieu, est né en Chine, où son
père était un fonctionnaire de la Sureté Française à Shanghaï, et plus tard à
Hanoï. Hieu étudiait pour devenir prêtre mais aboutit dans
l'ARVN, commandant deux différentes divisions. Il dirige l'enquête de la
corruption dans le fond d'épargne militaire, des contributions obligatoires
pour les soldats de l'ARVN, qui a forcé la démission en 1972 d'un allié de
Thieu et ministre de la défense le Général Nguyen Van Vy. En 1975
Hieu était commandant adjoint de la région militaire de l'ARVN
qui inclue Saïgon; il s'est suicidé quand la chute du Sud Vietnam est devenu
apparente.
[p 65]
Blind Design par Hoang Lac et Ha Mai Viet (1996)
Quand Huong a été nommé Président de la Commission d'Anticorruption,
assisté par le Général de Brigade Nguyen Van Hieu, Thieu était
d'accord avec Huong d'ouvrir les fichiers de Vien. Huong m'a dit dans un dîner
particulier de famille à Vinh Long qu'il avait suggéré à Thieu d'examiner les
fichiers de Vien, également ceux de Quang, dans l'avenir proche. J'ai expliqué
à Huong que même si Vien était congédié, il serait remplacé par Quang, et non
pas par Tri. En outre, il serait très difficile pour Thieu et Huong de s'en
débarasser de Vien. Parce qu'il n'y avait pas suffisamment de preuves que Vien
ne remplissait pas bien ses devoirs et manquait de fidélité, et Vien était
suffisamment sage pour ne pas permettre à Thieu d'avoir assez d'évidence. Sous
le soin et la protection de Vien, Khuyen était prêt à sacrifier sa vie pour
Vien. Khuyen, en outre, était soutenu par la MACV parce qu'il était toujours
et complètement d'accord avec son conseiller américain dans l'accomplissement
de sa fonction dans la gestion d'approvisionnements, transport, emmagasinage,
et autres soutiens logistiques importants pour la réussite d'opérations
militaires.
Huong commençait à concentrer son enquête sur Quang mais Thieu a fait tout
son effort pour couvrir Quang afin de protéger lui-même comme ses affaires et
celles de Quang étaient les mêmes. Le Général Hieu a compilé et
a achevé le dossier sur Quang et est devenu frustré. Il a demandé à retourner
à l'Armée.
Huong a été déçu et a cessé de persécuter les hauts fonctionnaires et, au
lieu de cela, il visait les fonctionnaires moins importants.
{...}
Quelque temps après, le Général Tri est tué dans un accident d'hélicoptère
pendant la seconde opération militaire contre l'ANV au Cambodge. Le Général
Nguyen Van Hieu, Commandant Adjoint du 3ème Région Militaire, et
ancien assistant du Vice Président en charge d'anticorruption, a été également
décédé d'une mort douteuse. Hieu était jeune, enthousiaste, capable et
honnête, et la presse a spéculé que sa mort était le travail des généraux
corrompus.
[pp 205-206]
The Encyclopedia of the Vietnam War - a Political, Social & Military
History édité par Spencer C. Tucker (1998)
Nguyen Van Hieu (? - 1975). Armée de la République du Vietnam
(ARVN) général de division. Hieu a monté à travers les rangs de chef d'état
major, II Corps/2ème Zone Tactique (1964); commandant de la 22ème Division
d'Infanterie (1964 et 1966); et commandant de la 5ème Division d'Infanterie
(1970). Hieu a été regardé comme étant l'un des plus incorruptibles généraux
de l'ARVN. Cette réputation lui a rapporté le poste d'inspecteur général de
l'armée sous le Vice Président Tran Van Huong, qui championnnait un programme
d'anticorruption, qui a échoué malgré leurs efforts enthousiastiques. En 1974
Hieu est devenu commandant adjoint du III Corps/III Région Militaire à Bien
Hoa. Hieu est mort par un coup de pistolet; les rapports officiels
maintenaient qu'il a été mort tandis qu'il nettoyait son pistolet, mais il y
avait des rumeurs qu'il a été assassiné.
Nguyen Cong Luan (Lu Tuan)
Référence: Ha Mai Viet. "Les Fameuxs Généraux de l'Armée de la République du
Vietnam (n.p.)
Hau Truong Chinh Tri Mien Nam 1954-1974 - Quyen I by Dang Van Nham
(1999) 1954-1975: Les Secrets Politiques Dans Les Coulisses du Sud
Vietnam - Livre I
Cuoc Chien Dang Do par Le Général Tran Van Nhut (2002) Le Combat Inachevé
le Lieutenant Général Nguyen Van Minh, qui a remplacé le Général Do Cao Tri qui avait été tué dans un accident
d'hélicoptère, traite un Général honnête appartenant à une classe plus ancienne qui
est bien aimé par la population, le Général de Division Nguyen Van Hieu, ancien
Commandant de la 5ème Division d'Infanterie, simplement parce que le 8ème
Régiment d'Infanterie commandé par Colonel Bui Thach Dan a souffet de lourdes
pertes dans le repli de Snoul à Loc Ninh et le Général de Division Hieu a été immédiatement
remplacé par Colonel Le Van Hung.
[pp 269-270]
Vietnam Chronicles par Lewis Sorley (2004) The Abrams Tapes 1968-1972
15 novembre 1969
L'autre jour je suis sorti, et ai obtenu un très bon briefing par le Général Hieu, 5è Division ARVN. C'est la première fois que je suis allé voir la 5è depuis qu'il est commandant de la division. Et je dois dire que - ceci n'a rien à voir avec comment la division se conduit, mais la qualité du briefing a été très élevé, y compris une discussion très franche et, je crois, honnête des forces du personnel, les désertions, désertions par régiment, et tous ces choses là, y compris le fait que les désertions sont en hausse, ce qui - ce n'est pas bon signe, bien sûr, mais je dois dire qu'il y a un changement en cours pour améliorer les choses de cette sorte là.
[p. 299]
Nguyen Van Tin
30 juillet 1999
Mis à jour le 06.08.2005