Vaillant Général Nguyen Van Hieu

J'ignorais que mon frère était un chef de guerre intrépide jusqu'au moment où mes yeux furent surpris par un titre sensationnel imprimé sur la couverture du numéro 541 de la renommée revue "Van Nghe Tien Phong", prisée à la fois par le milieu intellectuel et populaire vietnamiens: La vérité au sujet de la mort du vaillant Général Nguyen Van Hieu, contenant mon article dont le titre original est beaucoup plus modeste: Mon Frère, le Général Hieu. Pas de doute, quelqu'un faisant partie de l'équipe éditoriale aurait dû être vraisemblablement, un ancien combattant ou un correspondant de guerre ayant été témoin ou entendu parler des hauts faits d'armes de mon frère.

J'ai toujours su que mon frère était un général compétent, c'était l'avis de la majorité de l'opinion public et de la presse de l'époque, mais je ne me rendais jamais compte de sa bravoure. En fait, dans nos rares rencontres chez lui, dans le quartier des familles d'officiers à Chi Hoa ou aux quartiers généraux de la 5ème Division d'infanterie (D.I) à Binh Duong, puis à Lai Khe, même lors de notre dernier contact au quartier général du 3ème Corps d'armée (C.A), je le voyais toujours vêtu sobrement en civil, à savoir d'une chemise blanche et d'un pantalon bleu foncé ou noir. Sa manière était toujours modeste, sa voix toujours douce, rien n'indique de sa stature de général, et çà l'est encore moins de son côté vaillant. En outre, j'ai été témoin de sa convivialité envers les soldats, écartant toujours d'un geste chaleureux de la main les saluts quand nous passions près d'eux.

Quelqu'un m'a dit qu'une nuit, le Général Hieu cheminait avec nonchalance vers le quartier réservé aux soldats et s'approcha du coin de jeux de poker. Un joueur, sans se rendre compte de sa présence à ses côtés, dans la pénombre, chercha à s'en débarrasser de lui: "Toi! Fous le camp. A cause de ta présence, la chance m'a abandonné!" Mon frère s'en alla sans un mot!

Une fois, après avoir fini le déjeuner, je lui demande de me laisser essayer le fusil M-16, qui a été récemment présenté à l'armée sud-vietnamienne. Mon frère donne l'ordre à son aide de camp: "Voulez-vous informer l'officier responsable que nous allons venir pour une partie de tir, s'il vous plaît?" Aussitôt dit aussitôt fait, il saisit au vol deux fusils M-16, me dit d'amener en vitesse une boîte de munitions. Tous trois, nous sautons dans une jeep avec mon frère au volant. Quand nous arrivons, il n'y a personne à cet endroit. Nous sortons les fusils, et commençons à tirer sur les cibles. Un moment après, le Capitaine responsable du champ de tir s'est montré. Il s'accourt se présenter à mon frère en se tenant au garde à vous. Comme d'habitude, mon frère le renvoie avec un "ce n'est pas nécessaire"... Avec un soupir de soulagement, à croire qu'il vient d'être épargné d'une grande calamité, notre officier se dirige alors vers l'aide de camp, lui donne un coup de coude et lui reproche de ne pas avoir pris la peine de l'avertir à temps pour qu'il puisse rassembler un peloton de gardes (à cette époque, la sécurité dans cette région n'est pas bonne). Notre aide de camp lui réplique: "La ferme! Tu n'ignores pas qu'il donne des ordres tout en allant au galop ?!".

J'ai seulement un aperçu du côté vaillant de mon frère que lors de ma présence à la veillée du père de l'un de mes élèves, commandant adjoint du 8ème régiment/5ème D.I, sous ses ordres, décédé au cours de la bataille de Snoul. Au moment où je me trouve encore à l'intérieur de la chambre mortuaire, on annonce l'arrivée du Commandant de la 5ème D.I. Je me hâte d'aller me réfugier dans la salle adjacente, et de là, j'ai vu, pour la première fois, mon frère dans son tenu de combat. Son comportement est vraiment magnifique, et ses gestes sont vifs et précis. Là, il ressemble vraiment à un grand chef.

Puis, dès que j'ai fini de rédiger l'article intitulé Mon Frère, le Général Hieu, basé sur une réminiscence vague et limitée, j'ai voulu apprendre plus amplement à son sujet. Progressivement, j'ai découvert qu'il était en effet un général vaillant.

Tout d'abord, j'ai trouvé beaucoup d'images de lui en tant que général. En les regardant de près, je me réalise qu'il possède de l'apparence d'un général plus qu'aucun autre de l'ARVN, y compris le Général d'Armée Do Cao Tri et le Général d'Armée Cao Van Vien: majestueux, beau, doux, fort et sain.

Puis j'ai appris les réactions, de la part des lecteurs de mon article cité ci-dessus, que mon frère, dans ses temps libres, au lieu de s'adonner aux quatre vices décadents (boisson alcoolisée, femmes, jeux et drogues), préfère les activités qui procurent de la force et de la ténacité indispensable au métier de guerre: il pratique l'haltérophilie et la gymnastique, il est devenu champion de tir au pistolet, il a appris à conduire les chars, à piloter l'hélicoptère, il peut même piloter l'avion à réaction de combat, il a gagné le droit de porter les insignes de parachutistes vietnamiens aussi bien qu'américains (vietnamien sur la poitrine gauche, et américain sur la droite).

Puis, quand j'ai eu l'occasion de fouiller dans "le véritable filon" des documents préservés par les conseillers américains sur le Général Hieu, le rayonnement de sa gloire qui s'émanent de ce trésor m'a éblouit.

Le seul document lié à la période où mon frère est Commandant de la 22ème D.I, est l'Evaluation du 3ème trimestre de l'an 1969, réalisée par les conseillers américains du 2ème C.A. Je cite:

La 22ème D.I a dépensé plus de temps aux opérations que n'importe quelle autre division dans le pays pendant cette période. [...] Elle a engagé des combats au niveau de bataillon plus que les autres unités de ce C.A, et le chiffre d'ennemis tués au combat a presque triplé en comparaison au trimestre précédent.

La bataille dirigée par mon frère en tant que Commandant de la 22ème D.I que j'ai pu lire en premier, est la bataille de la Griffe D'Aigle 800 rédigée par Colonel Trinh Tieu; elle m'a donné le premier aperçu de son côté vaillant. Dans cette affrontement, son unité a écrasé un régiment entier de la 3ème Division nord-vietnamienne, la fameuse Etoile D'Or de l'ANV (Armée du Nord Vietnam), tandis que la 1ère Division de Cavalerie américaine, avec une puissance de feu formidable des hélicoptères tactiques, n'a pas pu ni repérer ni cerner l'ennemi durant les trois jours qui précèdent l'exploit de la 22ème Division vietnamienne.

La bataille de la Griffe d'Aigle 800 fait partie d'un plan d'ensemble opérationnel Pershing conduite par la 1ère Division de Cavalerie américaine. Le Général John Tolson, Commandant de cette unité révèle que pendant la durée (un an) de ces opérations, le Colonel Hieu a déclenché plus de 29 manoeuvres conjointes entre la 22ème D.I vietnamienne et sa 1ère Division de Cavalerie Blindée.

Pendant cette période où mon frère est aux commandes de la 22ème D.I, de juin 1966 à août 1968, il a été promu deux fois, du rang de Colonel au rang de Général de Brigade, puis du rang de Général de Brigade au Général de Division en novembre 1968, à l'âge de 39 ans, en raison de ses victoires multiples. À cette époque, l'abus des promotions militaires basées sur le favoritisme n'existait pas encore. Celui-ci est devenu chose faite avec l'arrivée de Thieu au pouvoir en 1968, il monopolise le droit de promotion du rang de Colonel au Général. Par la suite, écarté des avancements habituels, mon frère n'a pu monter plus haut et a constaté avec l'amertume que ceux qui font partie de "l'équipe régnante", malgré leurs incompétences, le dépassent pour devenir, souvent injustement, ses supérieurs.

Trois mois après qu'il prend le commandement de la 5ème D.I en août 1969, le 20 novembre 1969, le 1er conseiller américain auprès de la 5ème D.I John Hayes, rapporte que le Général Hieu est un Commandant énergique. Je cite:

L'efficacité de la 5ème D.I (ARVN) est en train de s'améliorer. Depuis que le Général de Division Nguyen Van Hieu a pris le commandement, la Division a opté pour l'offensive, provoquant l'ennemi sur son terrain. Cette initiative est un élément essentiel dont a manqué le commandement précédent. L'efficacité dans l'emploi du Régiment de Cavalerie-blindée dans le rôle d'attaque a été bien différent de leur mission habituelle de "Garde de Palais".

Le Général de Division Hieu a démontré qu'il est réceptif et réagira favorablement aux suggestions concrètes. On ne saurait pas trop insister en disant qu'il est un commandant fort, et qu'il ne mettra en pratique que les idées qui vont certainement améliorer l'efficacité de combat de cette unité.

[...] Avec la prise de commandement du Général de Division Nguyen Van Hieu le 14 août 1969, les troupes de la 5ème D.I changent de la position de défense à celle d'attaque.

Dans l'évaluation du trimestre suivant, le Colonel John Hayes envoie un rapport à ses supérieurs le 2 juillet 1970:

Le Général de Division Nguyen Van Hieu, DOR 1-11-67, 20 ans de service. Le Général Hieu est un commandant au-dessus de la moyenne. Ses qualités incluent le dévouement, l'expérience en tant que leader au combat, la capacité de stimuler et de maintenir le moral de ses troupes, et la capacité de contrôler efficacement ses subalternes. Il est tout à fait religieux et patriote, et exige un niveau élevé de conduite et de discipline. Il est méthodique mais résolu. Dans l'ensemble de sa performance, Il est mieux coté qu'un commandant de Division américain moyen.

En 1969, Hieu lutte encore et toujours contre les Viet Cong du côté de la frontière vietnamo-cambodgienne dans les provinces de Binh Duong et Binh Long. Une fois en 1970, il a réussi à les repousser vers l'autre côté de la frontière et continue à se battre aux environs de la région de l'Hameçon, à proximité de Snoul, au nord de Loc Ninh, avec une multitude d'opérations nommées Toan Thang (46, 1/B/5, 2/B/5, 3/B/5, 4/B/5, 5/B/5, 6/B/5, 7/B/5, 8/B/5, 9/B/5 et TT.02)

Le Général Vinh Loc a dit qu'aucun Général de l'ARVN n'a eu l'occasion de mettre en action une division entière. Il a écrit:

Le terrain et l'emplacement de notre pays, au point de vue des opérations de grande envergure ne fournissent pas les conditions propices pour déployer simultanément trois Régiments avec leurs troupes de soutien. Depuis la création de la division jusqu'à la débâcle des Hauts Plateaux, aucune Région Tactique n'avait lancé une opération en utilisant une division entière, à savoir les 3 Régiments d'infanterie, le bataillon d'artillerie, le bataillon du génie, et l'escadron de cavalerie blindée, etc. Même si l'on voulait, l'environnement ne permettrait pas le déploiement de la division en sa totalité, et pour ne pas mentionner que très peu d'officiers ont suivi une formation adéquate à cette fonction - càd - le commandement d'une grande unité. (Lettre à un ami américain, page 71)

Je ne sais pas si le Général Vinh Loc se rend compte que Hieu a pu réaliser cet exploit inédit, à savoir de conduire une Grande Unité dans l'opération Toan Thang 8/B/5 ou non? Dans cette manoeuvre sans précédente, le Général Hieu déploie, non seulement 3 Régiments d'infanterie, mais 3 Forces de Frappe, avec les troupes suivantes:

1ère Force de Frappe:

P.C. (Poste de Commandement)/FF1
1er escadron/1er Rég. Blindé
2ème escadron/1er R.B
3ème escadron/1er R.B
1er Bataillon/7ème Division d'Infanterie
4ème Bataillon/7ème D.I
Escadron de Démolition/5ème Bataillon de Génie
Peloton de Guerre Psychologique

9ème Force de Frappe:

P.C./ FF9
9ème Compagnie de Reconnaissance
1er Bataillon/9ème D.I
2ème Bat./9ème D.I
4ème Bat./9ème D.I
73ème Bat. de Ranger
Compagnie(-)/5ème Bataillon de Génie
Compagnie/30ème Bataillon de Génie
3A, 3C/50ème Artillerie (Quatre cannons de 155mm)
A/53ème Artillerie (Six cannons de 105mm)

333ème Force de Frappe:

P.C./FF333
3ème Compagnie de Reconnaissance de Ranger
18ème Rég. Blindé
31ème Bataillon de Rangers
34ème Bataillon de Rangers
36ème Bataillon de Rangers
52ème Bataillon de Rangers
30ème Compagnie de Génie de combat
C/61ème Artillerie (Six canons de 105mm)
A/46ème Artillerie (Six canons de 155mm)

Types de Véhicules Blindés du 1er Régiment de Cavalerie Blindée (RCB) et du 18ème RCB: 30 chars de combat M41A3; 62 chars léger-amphibie M113; 8 chars léger de commandement M577A; 7 chars de transports de 8 tonnes M548; 8 véhicules à chaînes équipés de lance-mortiers M125A; 2 lance-flammes M132; 2 véhicules blindés de dépannage M578; 1 auto-blindée de sécurité au convoi XM706.

Le mouvement synchronisé de ces 3 Forces de Frappe dans leur retrait est en soi-même un régal pour les yeux.

En plus, le Général Do Cao Tri a créé une occasion dans laquelle le Général Hieu avait pu déployer un Corps d'Armée avec ses trois Divisions - la 5ème, la 18ème et la 25ème - quand il a été convaincu par le concept stratégique qui consistait à attirer l'ennemi hors de son abri afin de le piéger, conçu par ce dernier. Celui-ci a reçu la mission de planifier et d'exécuter l'Opération Snoul TT02/71/5/B. Malheureusement, au mois suivant, le Général Tri est tué en cours de cette opération, dans un accident d'hélicoptère. Quand l'ennemi commence à " mordre à l'hameçon", les conseillers américains auprès du 3ème C.A commencent à perturber le cours de l'opération en conseillant le Général Minh, le remplaçant de Tri, de changer le plan d'opération par des bombardements massifs des B-52. Celui-ci, faible comme il est, tergiverse, hésite et cède sous la pression répétée de ces derniers. Non seulement il a permis à l'ennemi d'échapper du piège, mais le pire c'est qu'il a presque sacrifié l'appât, le 8ème régiment blindé. Hélas! La fabuleuse synergie de l'inséparable tandem Tri-Hieu a été réduit à néant! (Gagner de l'estime et le respect du Général Tri n'est pas chose facile et n'est pas à la porté de n'importe qui, celui-ci doit être très fort et valeureux).

Parce qu'il est vaillant, préférant l'attaque au lieu de rester inconfortablement en position défensive, le Général Hieu est excellent dans l'utilisation du tandem Infanterie-Cavalerie Blindée, une formule qu'il a appliqué dans la bataille de la Griffe D'Aigle 800. Permettez-moi de citer de nouveau le commentaire du 1er conseiller américain auprès de la 5ème D.I que j'avais mentionné précédemment: "Depuis que le Général Nguyen Van Hieu est aux commandes, la Division a opté pour l'offensive, provoquant l'ennemi sur son terrain. Cette initiative est un élément essentiel dont a manqué le commandement précédent. L'emploi du Régiment blindé dans le rôle d'attaque est bien différent de sa mission habituelle de "Gardes de Palais". Dans les Ordres d'Opération, adressés au commandant de la 8ème Force de Frappe portant le numéro 3685/BCH/HQ/SÐ5/P3/M du 4 mai 1971, le Général Hieu donne l'ordre "d'appliquer la formule de tandem Infanterie-Blindée afin d'obtenir le maximum de sécurité et d'efficacité dans les attaques contre l'ennemi."

Quand il étudie à l'école d'US Army Command and General Staff à Fort Leavenworth, Kansas, il a choisi l'Arme Blindée comme sa spécialisation et a réussi à acquérir une "connaissance théorique complète", en particulier la formule de tandem Infanterie-Blindée, sous le tutelle du Commandant George E. Kimball, officier de cavalerie. Plus tard, il a appliqué brillamment ce savoir qui est en soi très compliqué à réaliser sur le terrain. Il a même pris soin d'apprendre à conduire tous les types de véhicules blindés utilisés dans les champs de bataille du Vietnam, afin de connaître complètement les détails techniques et caractéristiques de chacun de ces véhicules.

Le Général de Brigade Tran Quang Khoi a écrit:

La 3ème Brigade Blindée est l'épine dorsale et le fer de lance de la Force de Frappe du 3ème C.A. Cette unité a été établie par le Général Do Cao Tri et j'ai été chargé par lui de la former et puis la commander à partir de novembre 1970 pour exécuter les missions sur le territoire Cambodgien.
[...]
Pendant les deux années 1972-1973, je suis stagiaire de l'école supérieure de guerre à l'étranger. Le Général Nguyen Van Minh, Commandant Général du 3ème C.A congédie la 3ème Brigade Blindée (B.B) et démantèle la Force de Frappe d'Assaut du 3ème C.A. Quand la bataille de An Loc, à Binh Long est au paroxysme, la Cavalerie du 3ème C.A a été totalement paralysée.
A mon retour au pays, le Général Pham Quoc Thuan remplace le Général Nguyen Van Minh et me demande de reprendre ma place à la 3ème B.B. Le 1 novembre 1973, je prends le commandement de cette unité et propose au Général Thuan de réorganiser la Force de Frappe du 3ème C.A, appliquant le même modèle d'organisation du Général Do Cao Tri.

(KBC, numéro 17, page 3)

Je ne peux pas résister de noter que d'une part, l'omniprésence de Hieu derrière les Généraux Tri et Thuan, puis d'autre part, son absence remarquée en ce qui concerne le Général Minh, celles-ci coincident avec la création et l'abandon respectifs de la Force de Frappe du 3ème C.A. J'ai écrit dans mon article Mon Frère, le Général Hieu: "Mon frère préfère travailler incognito derrière les coulisses, et laisser les acteurs recevoir les ovations du public." Quand Tri prend les commandes du 3ème C.A en 1968; Hieu reçoit ceux de la 5ème D.I /3ème C.A en août 1969, il utilise à fond la qualité potentielle du 1er Régiment de Cavalerie Blindée avec succès dans son périmètre de responsabilité; le Général Tri par la suite demande à Hieu d'étendre son idée à la totalité du territoire du 3ème C.A; et en novembre 1970, la Force de Frappe du 3ème C.A est née. (On peut dire qu'avant l'arrivée de Hieu au 3ème C.A, le Général Tri pratique excellemment la tactique d'"Aigle en Plongeon", utilisant les hélicoptères pour décharger rapidement les commandos de choc en attaque surprise, plutôt que d'utiliser la tactique d'"encerclement", faisant partie de la formule de tandem d'infanterie-blindée, qui constitue le style unique de combat du Général Hieu). Le Général Minh rejette cette nouvelle invention, puis démantèle la Force de Frappe, car celle-ci est la création de Hieu, et aussi parce que Minh n'est pas capable de manipuler une formule aussi difficile. Quand le Général Thuan prend les commandes du 3ème C.A, il demande à Hieu de lui donner un coup de main en lui confiant le poste de Commandant Adjoint en charge d'Opérations du 3ème C.A et suivit son avis en reconstituant la Force de Frappe.

Si Thieu n'a pas empêché le Général Hieu de progresser, et s'il ne s'est pas entouré de généraux incompétents et corrompus, la situation militaire du Vietnam ne se terminerait pas d'une façon aussi honteuse pour l'ARVN. Je me rappelle toujours ce que le Général Tran Van Don m'a dit en 1978: "Si l'ARVN a eu davantage de Généraux aussi doués que le Général Hieu, le Vietnam n'aurait pas été perdu." Je suis convaincu que dans l'avenir, il y aura un historien militaire qui, après avoir soigneusement passé en revue les exploits du Général Hieu, n'hésiterait pas de le placer au même niveau que Rommel de l'Allemagne, Montgomery d'Angleterre, Patton des Etats-Unis et Leclerc de France. Tous ces illustres Généraux ont un trait commun: ils sont tous excellents dans l'emploi de la formule de tandem d'Infanterie-Cavalerie Blindée.


Nguyen Van Tin
(25 septembre 1998)

Mis à jour le 17.03.2001
Révisé le 09.06.2003

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